La Ramie, une fibre textile aux multiples facettes

« LES SANGLOTS LONGS DE L’AUTOMNE… »

L’automne c’est habituellement l’heure d’hiver, le soleil qui frise l’horizon, le vert des feuilles qui passe au rouge, l’automne c’est une saison intermédiaire qui incite au calme, à la réflexion, mais l’automne 2020 c’est le confinement qui chamboule les emplois du temps, qui entraine un changement de paradigme, et surtout un espace temps propice aux voyages immobiles et… aux découvertes textiles.

AU FIL DES SIÈCLES

Le cheminement du fil à la fois ténu et extrêmement solide de la Boehemeria Nivea est atypique. De l’Asie à l’Afrique, de l’Amérique à l’Australie, de la préhistoire à l’histoire, cette fibre riche d’un passé prestigieux est digne d’un futur glorieux.

IDENTITÉ BOTANIQUE

Plante de la famille des urticacées la ramie originaire d’Asie du Sud Est est surtout cultivée pour ses fibres textiles.

Physiquement, cette herbacée à hautes tiges se distingue de l’ortie de nos jardin l’Urtica urens par l’absence de poils urticants si redoutés par les jardiniers du dimanche

 Elle pousse sous des altitudes très différentes et se présente, selon les variétés, en touffes ou sous forme d’arbrisseaux, avec des feuilles rondes, déchiquetés ou encore en forme de cœur, vertes sur les deux faces, ou vertes dessus et argentées dessous, conséquence d’une légère pilosité blanchâtre, un rappel de son coté urticacée sans doute.

LA SOURCE ETYMOLOGIQUE   

Le mot Ramie est une déformation de rameh, ficelle en malais, terme générique désignant les fibres textiles végétales. 

 « PATIENCE ET LONGEUR DE TEMPS …»

G.E.Rumphius (1627-1702), botaniste envoyé en Indonésie par la  Compagnie  néerlandaise des Indes orientales, fut à l’origine de la découverte par les européens d’une sorte d’ortie géante cultivée en Asie. Il fit la description complète de cette plante qu’il baptisa Ramium majus d’après le terme malais. Les fibres extraites de la tige ligneuse par un laborieux processus, une fois filées servaient en fonction de la finesse du fil, soit à la confection d’étoffes soit  de cordages et de filets de pêche. Son manuscrit adressé à la compagnie parvint en Hollande de son vivant mais ne fut imprimé et diffusé que 35 ans près sa mort !

ET VINT LINNE

Les travaux de Rumphius furent une source précieuse pour tous les botanistes. Linné utilisa les observations de son confrère lorsqu’il établit la nomenclature binominale des espèces animales et végétales (nommé avec deux mots en latin). Ramium majus devint Boehmeria nivea. 

DES NOMS D’EMPRUNT

Ramie est le nom usuel de la Boehmeria nivea en français, « grass-cloth » pour les britanniques, mosi pour les coréens, les habitants de l’île japonaise de Miyako, distinguent par deux mots différents  le  fil obtenu manuellement selon les méthodes traditionnelles choma et pour le fil industriel ramie.

DES INDUSTRIELS RETISCENTS

Le filage et le tissage artisanal de la ramie semblent ne s’être jamais interrompus depuis l’antiquité dans les régions où sa culture une tradition, la main d’œuvre abondante et les salaires a minima. Jusqu’au début du XXe siècle, la production était tout juste suffisante pour satisfaire la consommation locale, limitant les quantités exportées vers les pays européens non producteurs. L’exploitation industrielle, bien que possible dans de nombreuses régions du globe, ne suscita pas l’engouement des occidentaux. Ce manque d’enthousiasme est dû à la complexité du processus manuel d’extraction de la fibre textile.  Deux opérations sont nécessaires pour obtenir la fibre textile. Le décorticage destiné à rompre l’écorce pour extraire les fibres, la seconde le dégommage pour libérer les fibres agglutinées entre elles en les débarrassant de la substance collante qui les enveloppe. Ces manipulations étaient des barrières que ne franchirent pas les industriels. Bien que les améliorations techniques permirent  de défibrer mécaniquement la ramie, et de dégommer les fibres chimiquement, ce fut insuffisant pour engager les européens dans la culture de la ramie. L’idéal aurait été d’importer les fibres brutes de Chine ou des Philippines et de les transformer dans les filatures européennes mais là encore les points d’achoppement  d’ordre économiques, mirent en sommeil l’idée de l’exploitation de la ramie. Quel dommage pour les consommateurs privés d’un produit comblé par la nature. Il faut attendre la seconde moitié du XXe siècle pour que des industriels italiens prennent la mesure du potentiel économique de la ramie, importent la fibre brute.  

Fibres de ramie au cours du processus de transformation

UNE PLACE DIFFICILE À TROUVER

À titre personnel, je peux témoigner que même dans les années 90 l’approvisionnement prenait des airs de parcours du combattant, à la fois aléatoire, la qualité des toiles était irrégulière et les tarifs proportionnels à la rareté de la marchandise. Si j’ajoute à tout cela que ces toiles n’attiraient qu’une clientèle de connaisseurs, on comprend pourquoi si peu de commerçants se lancèrent dans l’aventure.  

Cette belle fibre au profil de pin-up peine encore en 2020 à trouver sa place sur le marché des fibres végétales à cause de la concurrence des autres fibres libériennes, lin, chanvre, déjà bien implantées, moins chères et plus connues.Par un tour de passe magistral, les industriels sont parvenus à redorer le blason de la ramie qui végétait dans les archives. Tel un trésor remonté du fond des mers, elle fait l’objet de toutes les attentions, à grand renfort de publicité, et de communications, un message envoyé aux consommateurs intéressés par des produits naturels et innovants. En observant la courbe des ventes ameublement et habillement réunis, on constate que cette « nouvelle venue » dans le monde de la mode grignote petit à petit des parts du marché au lin dans la catégorie luxe, mais très loin encore d’occuper la place qui est la sienne tout en haut du podium 

AU FIL DE L’HISTOIRE

Egypte : Il semble que la ramie ait été utilisée en Egypte à l’époque pharaonique envelopper les momies.

Chine :  La ramie était utilisée pour la confection des vêtements impériaux au temps où l’Empire du milieu possédait trois trésors : la soie, la laine et la ramie. Dans la région de Yichum, la culture, le filage et le tissage de la ramie sont une véritable institution. Les toiles de ramie produites sont d’une finesse, d’une blancheur et d’un éclat à nul autre pareil, faisant la richesse et la fierté de la population. La ramie filée et tissée constitua un moyen de payer ses impôts dans certaines régions.

 Corée :  La ramie devient mosi ou ramie fine. Séoul est sans doute le seul endroit au monde où l’on peut visiter un musée de la ramie. C’est un endroit que je n’ai pas encore visité mais les projets ne manquent pas. Le hanbok est un vêtement féminin traditionnel de cérémonie dans le pays du matin calme. Il se compose d’une robe ample, s’élargissant sous la poitrine portée avec un boléro noué à l’aide des rubans. Taillé dans une étoffe de « vent et de songes », il est un passeur culturel formidable, véhiculant l’image d’un artisanat proche de la perfection qui traverse le miroir pour devenir de l’art. Dans la région de Hansan, des entreprises familiales établies dans la région perpétuent la tradition du filage et tissage manuels effectués par les femmes puisque traditionnellement la transmission se fait de mère en fille ou en belle-fille. 

Taïwan :  les aborigènes de Formose « la magnifique » ainsi baptisée par les portugais au XVIIe siècle, connaissait la ramie plante qui poussait un peu partout sur l’île à l’état sauvage.  Utilisée comme partout pour des usages quotidiens (cordages, fil de pêche…) la ramie entrait dans la fabrication d’étoffes plus luxueuses destinées aux vêtements de cérémonies. L’occupation japonaise de Formose (fin XIXe milieu du XXe) entraîna la fermeture des ateliers de tissage et la fin de la transmission d’un savoir-faire millénaire. Aujourd’hui, à force de ténacité, des tisserandes retrouvent petit-à-petit les secrets de fabrications en étudiant des étoffes datant majoritairement du XIXe siècle, éparpillés dans les vitrines des musées à travers le monde.  

 Philippines :  le vêtement masculin emblématique, surchemise ample, légère et transparente à manches longues blanche parfois ornées de broderies le barong tagalog (vêtement du peuple tagalog) est taillé dans sa version noble dans une toile en fibre de ramie ou d’ananas. Dans sa version quotidienne la chemise est taillée dans un tissu industriel en lin ou en coton, dans lequel s’invite très souvent un fil de polyester. La coupe, les broderies, la régularité du tissage et la transparence de l’étoffe, tout est là ! Cependant, pour les puristes, il manque l’imperceptible irrégularité qui donne un souffle de vie à une étoffe, marque d’un travail artisanal qu’une machine aussi perfectionnée soit-elle ne pourra jamais offrir

Europe : historiquement, la ramie fut introduite en Europe au XVIIIe siècle, mais en petite quantité, sous forme de fil ou de filasse. Les hollandais importèrent via la Compagnie néerlandaise des Indes orientales cette matière première dont les tisserands firent les fameuses toiles fines de hollande.  L’approvisionnement incertain, la qualité irrégulière et le prix élevé furent sans doute à l’origine de l’abandon de la ramie au profit du lin cultivé dans les Flandres. 

Japon : le travail de la ramie est une tradition millénaire qui se perpétue ; cette herbacée vivace cultivée au japon devient karamushi, l’une des 40 variétés d’orties. La fibre entre encore dans la composition des tissus dont on fait les kimonos les plus délicats, vêtements appréciés à la saison chaude et humide, dispendieux certes, mais véritables chef d’œuvre. Jadis, dans les régions où la production de ramie était abondante, l’exportation de fil de ramie vers les régions qui en étaient dépourvue était une activité commerciale rentable pour les communautés rurales mais les conditions de travail étaient difficiles : les fils étaient transportés sous forme de ballots de 30kg à dos d’homme pour être tissés dans un village de l’autre coté de la montagne. Uonuma est une région où la ramie est connue depuis les temps anciens. Elle se nomme ici jofu. Depuis le XVIIe siècle, les artisans produisent un tissu appelé chijimi, dont l’aspect plissé est obtenu grâce à la technique de filage consistant à sur-tordre le fil de trame. Dans le village de showa mura, des artisanes émérites tissent toujours manuellement le karamushi, mais il s’agit d’avantage d’une initiation destinée aux citadins désireux de renouer avec les traditions ou aux touristes passionnés que d’une activité commerciale.  

Du Japon au Brésil : la ramie s’est fort bien adaptée aux terrains et aux conditions climatiques du Brésil. Le développement de la production est, à n’en pas douter, dû à l’arrivée dans les années 1920 d’immigrants japonais qui maitrisaient la culture de cette ortie sans dards. Des industriels brésiliens se sont lancés dans l’aventure de la ramie avec succès mais, dans la seconde moitié du XXe siècle, la concurrence des fibres chimiques réduit drastiquement  la demande internationale. Le fil fabriqué, destiné à la consommation locale, était très rustique car non dégommé, utilisé essentiellement pour la fabrication de sacs ordinaires, style sac à patate en jute, que nous avions en Europe avant l’arrivée des fibres synthétiques. 

Du Brésil à l’Italie : les industriels italiens ont été les premiers à s’engouffrer dans le filage et le tissage de la ramie en Europe. Séduits par la noblesse de la matière, ils parièrent sur son potentiel commercial. Cultivée au Brésil, la matière première brute est exportée dans les usines italiennes où elle était filée et tissée. C’est un quasi monopole 

UN PATRIMOINE IMMATERIEL  

La richesse d’une nation, d’un peuple, d’une communauté peut se mesurer à la somme de ses talents, de ses connaissances et de son savoir.    

MISSION : TRANSMISSION DU SAVOIR-FAIRE 

Les techniques japonaises de filature, de tissage et de teinture de la ramie furent inscrites sur la liste du patrimoine immatériel de l’humanité de l’UNESCO en 2009. En 2011, la méthode coréenne de fabrication du mosi, est venue enrichir la liste. Ce savoir-faire ancestral fait partie de la culture de nombreux peuples et, s’il est parfois tombé dans l’oubli dans certain pays, sa transmission est assurée par des artisans passionnés de leur métier. Réussir à maintenir une harmonie entre hier et aujourd’hui est un pari réussi en Asie ; pourrions-nous en dire autant ? Il n’est peut-être pas trop tard. Gageons que l’appel de la nature sera plus fort que l’envie de construire une garde-robe issue de la pétrochimie et d’habiller nos murs de formules chimiques.

Élimination des imperfections d’une pièce de ramie au XIIe siècle

UN BOUQUET DE QUALITÉS

 La ramie est bactéricide : la culture de la ramie exclut l’usage de produits toxiques pour préserver la plante des attaques d’insectes car la plante se défend seule contre ses ennemis grâce au tanin contenu dans ses tiges. Ces  spécificités justifient le choix de cette fibre pour tisser les bandelettes destinées à envelopper les corps des momies égyptiennes.

 Le potentiel thérapeutique notamment ses propriétés antiseptiques sont utilisées dans la pharmacopée asiatique. 

Compte tenu de ces capacités extraordinaires, elle est déjà utilisée   sous forme d’étamine pour égoutter certains fromages.

 La ramie est imputrescible, une qualité qui se transmet de la plante au fil, permettant la fabrication d’articles utilisés en milieu humide comme les cordages, fils et filets de pêche. Contrairement à de nombreuses fibres textiles, sa solidité est accrue au contact de l’eau.

 La ramie est solide. En comparaison, un fil de ramie est six fois plus solide qu’un fil de coton ; le jeu est égal avec le lin. Casser un fil de lin ou de ramie à la main est difficile, voire impossible.

 La ramie est une bonne camarade : en mélange avec d’autres fibres, elle leur transmet ses qualités en minimisant leurs inconvénients. Elle prévient le rétrécissement en mélange avec le coton, elle solidifie le tissu en laine, elle donne de la tenue à la viscose, elle offre une version luxueuse au polyester. Les articles 100% ramie sont rares.

Tout est bon dans la ramie « Quand l’ortie est jeune, la feuille est un excellent légume ; quand elle vieillit, elle a des filaments et des fibres comme le chanvre et le lin. La toile d’ortie vaut la toile de chanvre. Hachée, l’ortie est bonne pour la volaille ; broyée, elle est bonne pour les bêtes à cornes. La graine de l’ortie mêlée au fourrage donne du luisant au poil des animaux. La racine, mêlée au sel, donne une belle couleur jaune. C’est, du reste, un excellent foin que l’on peut faucher deux fois. Peu exigeante, que faut-il à l’ortie ? Peu de terre, nul soin, nulle culture. Seul inconvénient, la graine tombe à mesure qu’elle mûrit et est difficile à récolter. Voilà tout. Avec quelque peine qu’on prendrait, l’ortie serait utile ; on la néglige, elle devient nuisible. Alors on la tue. Que d’hommes ressemblent à l’ortie ! » (Hugo 1862) in « Les misérables » Ainsi tout est dit ou presque. Les résidus, des diverses opérations de l’extraction au tissage, connaissent une destination autre que celle de la déchèterie : les fibres courtes des déchets du tissage ainsi que les feuilles sont transformées en papier pour certains billets de banque. Les anciens “Pascal ou Delacroix“ émis par la banque de France étaient fabriqués en partie avec des fibres de ramie. Les déchets résultant du filage et du tissage sont mélangés avec de la laine ou du coton pour le tissage d’étoffes ordinaires. 

DES INCONVENIENTS ? OUI MAIS

Ce chapitre sera très court parce qu’il me semble que les avantages sont plus nombreux que les inconvénients : c’est vrai la ramie se froisse, c’est vrai que le tissu nécessite un repassage, c’est vrai que  le prix est élevé, mais nonobstant ces points négatifs liés à l’utilisation de fibres végétales.

RAMIE OU LIN  

Longtemps, il fut difficile de différencier les deux fibres sur des fragments d’étoffes datés de 5000 ans, historiens et scientifiques ne parvenant pas à s’accorder. De nos jours, avec à l’aide de microscopes, le doute n’est plus possible.

QUELQUES TRUCS POUR RECONNAITRE UN TISSU EN RAMIE 

A l’œil nu, la distinction est possible sur les tissus neufs, question d’habitude. Une toile de ramie se différencie d’une toile de lin par la finesse du grain et un lustre naturel si particulier que le lin ne peut acquérir que par calandrage.

Au toucher : en effleurant du bout des doigts la surface d’une toile de ramie neuve on ressent un léger picotement, Ceci est dû à la présence de minuscules poils présents naturellement sur la fibre, qui se redressent sur le fil après les opérations de filage et de tissage. C’est une sensation similaire au toucher d’un tissu en laine cardée, sans aucune comparaison avec mes poils urticants des orties communes. Cette légère pilosité disparaît, je vous rassure, dès les premiers lavages. Certaines toiles sont tissées avec des fils de ramie mercerisés opération qui supprime de duvet que certaines personnes redoutent, mais rendu lisse et très brillante le fil n’est plus qu’une pâle copie de la version originale, inacceptable pour les puristes .

Une autre technique plus subjective peut peut être consiste à poser la main sur une toile : l’impression de fraîcheur est une évidence sur le lin, alors que c’est une sensation de froid qui se dégage de la toile de ramie.  

LA RAMIE POUR QUOI FAIRE ?

Les tissus de ramie permettent de construire des vêtements fonctionnels, confortables, solides et élégants. Chemises, mais aussi pantalons ou vestes. La ramie est aussi de plus en plus présente dans les tissus d’ameublement et le linge de maison : voilages, housse de couette, nappes. Invitez le naturel dans votre maison  

Tissu Botanist – Andrew Martin

POURQUOI UN POST SUR CETTE FIBRE

Parce que je suis tombée en amour pour cette fibre et que le but de mes articles sur ce blog est d’offrir aux lecteurs une perception très personnelle de l’univers textile. Alors oui, j’aime la ramie pour son cheminement géographique atypique, je l’aime pour sa résilience, je l’aime pour son aspect cassant qui rend une chemise même froissée jamais chiffonnée, je l’aime pour l’aspect sophistiqué des toiles fines en contradiction avec son ADN rustique, je l’aime pour sa froideur exquise par temps chaud et humide, je l’aime pour son parcours historique, tout aussi ancien que celui du lin ou de la soie mais tellement plus discret. Porter un vêtement taillé dans une toile de ramie c’est comme participer à l’histoire qui courre dans les veines de cette fibre ! Avec une palette colorée puissante, la toile de ramie devient un atout en décoration. Pour l’habillement, ma préférence va aux fines toiles simplement blanches avec ce reflet nacré qui rend précieux une banale tunique. En décoration j’aime les toiles japonaises d’une finesse incomparable presque impalpables, aussi légères que les ailes de libellule, d’un exquis blanc nacré. 

Etoffes.com commercialise des tissus en ramie, il ne vous reste qu’à visiter ce site pour découvrir ces merveilles.

Ecrire, c’est un peu tisser : les lettres, en un certain ordre assemblées, forment des mots qui mis bout à bout, deviennent des textes. Les brins de fibres textiles maintenus ensemble par torsion forment des fils qui, en un certain ordre entrelacés, deviennent des tissus…Textile et texte, un tête à tête où toute ressemblance n’est pas fortuite. Il est des civilisations qui transmettent leur culture par l’écriture, d’autres par la parole, d’autres encore, par la parole écrite avec un fil. Entre le tissu et moi, c’est une histoire de famille. Quatre générations et quatre manières différentes de tisser des liens intergénérationnels entre les étoffes et les « textilophiles ». Après ma formation à l’Ecole du Louvre et un passage dans les musées nationaux, j’ai découvert les coulisses des étoffes. Avec délice, je me suis glissée dans des flots de taffetas, avec patience j’ai gravie des montagnes de mousseline, avec curiosité j’ai enjambé des rivières de tweed, pendant plus de 35 ans, au sein de la société De gilles Tissus et toujours avec la même émotion. J’eus l’occasion d’admirer le savoir faire des costumes designers qui habillent, déguisent, costument, travestissent les comédiens, acteurs, danseurs, clowns, chanteurs, pour le plus grand plaisir des spectateurs. J’ai aimé travailler avec les décorateurs d’intérieurs toujours à la recherche du Graal pour leurs clients. Du lange au linceul, le tissu nous accompagne, il partage nos jours et nos nuits. Et pourtant, il reste un inconnu ! Parler chiffon peut parfois sembler futile, mais au-delà des mots, tissu, textile, étoffe, dentelle, feutre, tapisserie ou encore broderie, il est un univers qui gagne à être connu. Ainsi, au fil des ans les étoffes sont devenues des amies que j’ai plaisir à vous présenter chaque mois sur ce blog de manière pédagogique et ludique. Je vous souhaite une belle lecture.

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3 Responses

  1. merci beaucoup pour cet enseignement passionnant ! De plus j’apprécie vos talents d’écrivain…

  2. Merci beaucoup pour ce post élogieux de la ramie, fouillé, précis et passionnant.
    Je m’intéresse à cette fibre mais il est difficile de trouver des vêtements en ramie ou même du tissu pour fabriquer des vêtements.
    J’ai vu passer en salle des ventes un pantalon Hermès en ramie, l’exposition au Musée Guimet l’an passé de la créatrice coréenne dont le nom m’échappe présentait beaucoup de vêtements en ramie.
    Merci encore.

  3. Bonjour à toutes et à tous
    Je dispose d’une nappe à thé + 5 serviettesen bohemeria Nivea achetée par ma mère à Seoul en 1941. Je souhaite m’en séparer car je n’en ai pas l’usage.
    J’ai besoin de conseil car je ne sais à qui (ni comment ni à quel prix) la proposer…
    Merci de vos réponses.
    Cordialement.
    Claire

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