L’Écossais, un motif universel

Dans l’univers textile, l’adjectif écossais désigne un motif obtenu, soit par tissage, soit par impression sur une étoffe en fils de laine cardée. 

UNE ÉTYMOLOGIE SANS SURPRISE OU PRESQUE

Ecossais vient de escochois, c’est-à-dire, Ecosse. En vieux français, on trouve le mot escot du bas latin scoti, désignant les habitants de la Calédonie. Lorsque le terme est utilisé dans le vocabulaire textile, il désigne un motif et non un tissu. 

UN MOTIF UNIVERSEL

Peut-on affirmer que ce motif appartient à un peuple ? Pas si sûr. Ce motif de rayures verticales et horizontales se croisant à angle droit, comme le veut la définition, a été retrouvé sur des vêtements couvrant une momie particulièrement bien conservée dans l’Ouest de la Russie. Il semble que, dès l’apparition du métier à tisser, l’option « rayures et carreaux » ait été adoptée par de nombreuses civilisations. L’exemple du madras permet de comprendre que le partage des cultures est sans frontière. Le sud de l’Inde fut occupé pendant le 19ème siècle par les écossais. Les tisserands indiens se sont alors simplement inspirés des nombreux tartans qu’arboraient les fiers écossais pour en faire des créations à leurs goût avec la matière première qu’ils avaient à portée de main : la fibre de bananier et le coton. Ainsi naquit le madras, mis à l’honneur par les antillaises. Des Indes aux Antilles françaises, les « mouchoirs de tête » vivement colorés, ont traversés les océans avec l’Aurélie, un navire parti de Pondichery en 1854 avec à son bord quelques centaines d’ouvriers indiens qui venaient travailler avec, en poche, un contrat de 5 ans et quelques carrés de madras. Les femmes antillaises furent séduites par ces cotonnades légères et colorées. Il n’en fallut pas plus pour que ce tissu, venu de la région de Madras, fut adopté par les antillaises.
La manière dont les femmes célibataires portaient les madras était autant des messages codés destinés aux hommes. A eux d’apprendre à les lire…

TARTAN 

A l’origine, c’est le terme qui prévalait pour décrire ce type de motif, le mot écossais étant  plus utilisé par les étrangers que par les autochtones. Le kilt écossais est taillé dans un métrage de tartan. Le tartan traditionnel est un sergé de laine, caractérisé par des carreaux de couleurs diverses, motif typique des peuples celtes.  On retrouve cet agencement de bandes colorées en Irlande. Par analogie, tartan fut associé à un tissu de coton ou de tout autre fibre dont le motif offrait des similitudes avec le traditionnel tartan écossais, c’est-à-dire d’Ecosse, d’où la confusion. Le Falkirk Sett tartan, le plus ancien tartan trouvé sur les îles britanniques, est daté du IVe siècle. 

ÉTYMOLOGIE FRANCO/BRITANIQUE

On peut retrouver l’origine du mot tartan dans le mot tartarin qui, en anglais, désigne le drap de tartarie mais qui, vraisemblablement, est une variante du mot français tiretaine, grossière étoffe de laine ou de coton. Le terme gaélique pour tartan est Breacan, c’est-à-dire : carreau. Tout est dit.

SETT = MOTIF ÉCOSSAIS

Le terme sett en gaélique signifie pavé ou carré, ce qui correspond parfaitement à l’organisation des rayures. Les premiers tartans étaient très simples, construits avec quelques rayures et deux ou trois couleurs. Les plantes tinctoriales, les lichens, les fleurs séchées, les racines locales étaient utilisées par les teinturiers, ce qui explique cette restriction. Chaque région, chaque vallée avait ses couleurs et, par conséquent, les habitants étaient facilement repérables lorsqu’ils voyageaient dans une autre région. L’apparition des couleurs chimiques favorise la multiplication des dessins, contrariant ainsi le repérage des « intrus ». 

Le sett est caractérisé par l’alternance du croisement des bandes horizontales et verticales, constituées de fils colorés. L’armure choisie pour le tissage est le sergé, permettant ainsi une vibration des couleurs et une lisibilité des obliques ou zébrures dans les zones claires. A l’intersection entre deux bandes colorées, les couleurs se mélangent et il en résulte la création d’un carreau, d’une nuance ou d’une couleur différente. 

ÉCOSSSAIS /CARREAUX

L’écossais est devenu un terme générique qui désigne un tissu présentant des bandes horizontales et verticales formant des carreaux de coloris plus ou moins vifs différents du fond.

Pour les puristes, les plus beaux tissus écossais sont tissés en pure laine avec une armure sergé 

et ils sont intraitables sur le fait qu’il convient de différencier un tissu écossais d’un tissu à carreaux : la taille et la régularité des rayures font la différence.

– les tissus écossais sont basés sur la répétition à l’infini des carreaux obtenu par le croisement des bandes de couleurs dans la chaîne et dans la trame ;  

– les tissus « à carreaux » sont faits d’un arrangement régulier de petits ou grands carrés de fils clairs et foncés. Le carreau est un dessin plus simple que l’écossais.

DU CLAN AU TARTAN

Le clan, au sens de groupe social issu d’un même ancêtre, est emprunté au gaélique clann, c’est-à-dire : enfant. Lorsque le cercle familial s’agrandit, la famille se transforme en groupe portant le même nom et reconnait l’autorité de son chef qui rend la justice et protège ceux qui lui ont prêté allégeance. Le fils succède à son père et ainsi, le nom de famille de perpétue en écosse en commençant par Mac, c’est-à-dire : fils. Cette organisation sociale était très particulière et générait des luttes entre les clans devenus très puissants.  Jusqu’au XIXe siècle, au sein de la tribu, chaque individu était libre de choisir son tartan, dans la gamme proposée par les drapiers. Ce n’est qu’au XIXe siècle que le tartan va se figer, que chaque clan va choisir son sett. Ainsi donc, la tradition ancestrale du tartan associé à un clan n’est qu’une légende.

LE CHOIX DES COULEURS ET DES MOTIFS DES CLANS EST DIVERSEMENT INTERPRÉTÉ   

Pour les uns, le choix des couleurs était fonction des régions et des plantes, des fleurs, des lichens, des racines, des baies qu’on y trouvait ; logique !

Pour d’autres, le prix de la laine et des teintures. Ainsi, les tartans marquaient avant tout le statut social du propriétaire. Les tartans des nobles ou des plus aisés écossais étaient plus colorés (rouge, or, orange) que les tartans des classes sociales inférieures (noir, brun, bleu, marron). Le prix d’un tartan était fonction du nombre de couleurs, des nuances et de la complexité du sett.

DU TARTAN AU PLAID

Dès le XVIIe siècle, les habitants des hautes terres écossaises utilisaient des tartans très colorés pour fabriquer des plaids, mot gaélique synonyme de tapis ou de couverture de laine à carreaux. Utilisé  comme protection contre le froid et l’humidité, simplement jeté sur l’épaule comme une cape, le plaid était le compagnon des hommes des classes populaires, surtout par mesure d’économie, les vêtements coupés cousus étant trop onéreux. Ce rectangle d’étoffe se transforma au cours des ans.  Drapé autour de la taille en jupe qui, d’un côté, descendait jusqu’aux mollets et, de l’autre, était rejeté sur l’épaule en couvrant une partie du buste, à la manière des toges romaines. N’oublions pas que les romains, s’ils n’ont jamais occupé l’Ecosse, avaient tout de même fait quelques tentatives qui se soldèrent par des échecs.

Si les ouvriers des Highlands portent le plaid, c’est surtout par habitude et par économie. Lorsque le prix de la laine diminuait, la vente des plaids s’accentuait. Cette région de l’Ecosse ne favorisait pas l’exploitation des terres difficiles à cultiver, la population était, dans l’immense majorité, très pauvre et les vêtements coupés cousus trop onéreux. A l’inverse, les habitants des basses terres n’ont pas adopté le plaid, le climat ne les incitait pas à se protéger de cette façon et le rendement des terres agricoles étant meilleur, leurs ressources financières leur permettaient de porter des vêtements plus élaborés.

DU PLAID AU KILT

En 1707, les royaumes d’Ecosse, d’Irlande et d’Angleterre furent réunis par l’acte d’union pour former le royaume uni, mais les tensions entre les  régions ne cessèrent pas vraiment.

Au début du XVIIIe siècle, les anglais tentèrent encore d’affaiblir les clans, notamment en construisant routes, ponts et usines créant ainsi des emplois pour les autochtones. C’est ici qu’intervient le rôle de Rawlinson, directeur d’une fonderie à Glengarry. Il imagina en 1720 qu’en raccourcissant le plaid classique, les ouvriers de son usine seraient plus libres de leurs mouvements. Parce que travailler en portant six mètres de tissus drapés à la romaine jouant à la fois le rôle de jupe et d’écharpe, ce n’était pas évident. Selon la légende, Rawlinson confia son idée à un tailleur d’Iverness qui proposa de couper le plaid en deux, l’un des deux morceaux deviendra une jupe portefeuille plissée derrière et sur les côtés, fermée sur le devant par le chevauchement des extrémités du tissu et une broche ; et l’autre morceau de tissu sera l’écharpe, tenue portée uniquement par les hommes. Légende sans doute car le plaid court se portait déjà bien avant cette version des faits.

DU KILT AU NO KILT

En 1746, les écossais se révoltèrent afin de retrouver leur indépendance. Ils furent défaits à Culloden, localité écossaise. Ce sont les anglais avec, à leur tête, le duc de Cumberland, qui remportèrent la victoire. Le prix à payer pour cette défaite fut dans la logique du vainqueur : la publication par le parlement d’un Dress Act en 1747, réclamant la suppression de tout signe de scotitude : prohibition du port du kilt et du tartan, désarmement des hommes et interdiction d’utiliser le gaélique,  renoncement aux chants écossais et à l’usage de la cornemuse. Pendant presque 40 ans, tout écossais portant un vêtement traditionnel ou un article vestimentaire taillé dans un tissu quadrillé aux couleurs vives pouvait être puni et encourrait des peines sévères de six mois de prison à sept ans de déportation dans les colonies. Le vote du non au brexit serait-il une réponse, tardive certes, mais intentionnelle à Culloden ?  

LE TARTAN TOMBE EN DESUETUDE

1785, le Dress Act est abrogé, l’usage du tartan rétabli. Mais quarante ans ont passé et les highlanders ont oublié le plaid : ils ont pris l’habitude de se vêtir comme les lowlanders, c’est-à-dire en habits coupés cousus. Ils furent pour le moins réticents à revêtir des tartans d’une autre époque. 

CHACUN CHERCHE SON SETT

1815, la Highland Society of London demande aux chefs de clan de se présenter aux réunions avec le tartan de leur famille dans l’optique de préserver leur patrimoine. C’est le début de la régularisation des tartans par clan. Mais à l’évidence, ces chefs, considérés comme des aristocrates, avaient depuis longtemps quitté les hautes terres pour gérer leurs propriétés depuis Londres et les liens avec la tradition s’étaient distendus. Il leur fallut chercher dans les rares archives le sett de leurs ancêtres. Difficile mission, qui fut manifestement vouée à l’échec. Alors, plus d’un chef emprunta des chemins détournés en s’inventant un sett. Libre choix aux manufacturiers pour trouver de nouveaux agencements des bandes colorées. 

LE TARTAN GARANT DE LA TRANSMISSION DES TRADITIONS  

Ainsi le kilt, vêtement délaissé par les classes populaires, fut adopté par les membres de la haute société, vivant souvent dans des régions éloignées de leurs ancêtres. Le tartan marque une appartenance sociale, c’est devenu un lien qui relie les expatriés à leur terre ancestrale. Libre à chacun de s’y associer ou d’y renoncer.

LA JOURNÉE DE LA JUPE (ECOSSAISE)

Le regain d’amour des Anglais pour l’Ecosse débuta avec la visite officielle du roi George IV à Edinbourg en 1822. C’est sir Walter Scott, chantre dans ses romans de la vision romantique de l’Ecosse, qui fut chargé d’organiser les festivités en l’honneur de l’arrivée du roi. Scott demanda aux chefs de clan de se présenter, lors de la réception, vêtus de leur tenue traditionnelle, c’est-à-dire du kilt ou jupe courte taillée dans un tartan. Ce fut à eux de décider quel serait le choix du sett de leur clan et celui adopté fut porté par toute la famille. Walter Scott porta les couleurs du clan Campbell alors que le roi fut vêtu d’un kilt  aux couleurs des Stuart.

À gauche : Portrait de George IV of the United Kingdom (1829) par David wilkie

L’USAGE FAIT LOI

A l’occasion d’une cérémonie à la gloire de la culture celte devant les chefs de clan, le roi George IV suggéra que les représentants de l’Ecosse revêtent leur tartan traditionnel lors des cérémonies officielles. Cette initiative fut une belle performance politique et donna au roi une notoriété qu’il n’avait jamais eue. Les conséquences de ce qui n’était qu’une suggestion furent inattendues. Les lowlanders, qui ne portaient pas le kilt et qui détestaient les highlanders, se trouvèrent dans l’obligation de se vêtir ainsi au nom de l’unité écossaise. Ainsi, d’une simple proposition naquit une véritable institution.

C’est donc à ce moment qu’il fut établi qu’il y avait correspondance entre un tartan et un clan. 

Depuis, lors les chefs de clan portent le costume traditionnel et arborent le kilt aux couleurs choisies par le clan lors des cérémonies officielles en Ecosse. La reine Elisabeth ou le prince Philippe ne font pas exception à la règle.

A la fin du XIXe siècle, il semble que rois et reines aient tenté de gommer cet affront fait aux écossais. Ainsi, le couple royal, Victoria et Albert, permit de nouveau le port du kilt et ce fut, en Grande-Bretagne, un engouement incroyable pour tout ce qui était écossais. C’est ainsi que le tissu écossais devint à la mode dans toute l’Europe, tant en habillement qu’en ameublement. Le prince Albert, époux de la reine Victoria, créa son propre clan : Balmoral.

La Reine Victoria elle même, utilisa une étoffe écossaise pour meubler quelques pièces de son château de Balmoral.

Aujourd’hui, pour le régiment des Highlanders, le kilt est devenu un uniforme militaire. Si la question de savoir si les écossais portaient ou portent un sous-vêtement sous leur kilt vous préoccupe, sachez qu’en ce qui concerne les classes élevées de la société il semble que sous le kilt, les hommes portaient des culottes courtes nommées trews. En ce qui concerne les soldats vêtus du kilt, la question ne se pose pas, ils portent le kilt et simplement le kilt !

LE XIXe SIECLE ET LA « SCOTOMANIA »

Pour tenter d’apaiser les tensions entre l’Angleterre et l’Ecosse, pour effacer l’affront de Culloden à la fin du XIXe siècle, le couple royal Victoria-Albert se lança dans une surenchère bienveillante utilisant à tord et à travers «le sett », tentative qui réussit au delà de toute espérance. En premier lieu, le port du kilt fut de nouveau autorisé. Aujourd’hui encore, pour le régiment des Highlanders, le kilt est un uniforme militaire. Cet engouement pour tout ce qui était écossais remit de fait au premier plan le tartan dans l’ameublement comme dans l’habillement. Le motif va conquérir l’Europe. Au XXIe siècle, le tartan est toujours présent dans les collections Haute Couture et dans le prêt-à-porter. Mais derrière cette touche aimablement colorée, il demeure encore chez certains grands noms de la Haute Couture le souvenir douloureux de Culloden. Ainsi, Alexander Mac Queen, trouva t’il un moyen pas vraiment détourné d’exprimer sa rage en osant, en 1995, une collection insolente baptisée Highland Rape — le viol des Highlands — transformant le lieu du défilé en scène de bataille pour signifier que les anglais tentèrent jadis d’anéantir la culture écossaise en supprimant le droit de porter le kilt pour les civils, symbole emblématique s’il en est. Le sol est jonché de bruyère et le tartan se porte en pantalons patte d’éléphants, en déshabillé terminé de tulle ou en veste vinyle. Vivien Weswood ne fut pas en reste, proposant dans des modèles un grand nombre de vêtements taillés dans des étoffes à motif écossais.

Défilé Highland Rape d’Alexander McQueen
Automne/Hiver 1995-96

Plus qu’un simple tissu pour certains, l’écossais sait s’adapter à toutes les occasions, selon les fibres utilisées (coton, soie, laine, lin, viscose, acétate), les vêtements auront des destinations différentes : jupes, pantalons, vestes, robes, pyjamas, chaussettes…

Les hommes n’ont toujours pas renoncé à l’écossais, alors que les chemises à fleurs des années 60 sont oubliées, un  zeste d’écossais existe encore dans le dressing masculin.

L’écossais est dessus mais aussi dessous lorsqu’il est utilisé comme doublure. Les fameux imperméables Burberry’s ne sont-ils pas doublés avec cet inimitable tissu ocre, rouge, noir et beige, reconnaissable entre tous, devenu le signe distinctif de la marque, qui permit la création d’une gamme d’accessoires tels des écharpes, des chapeaux, des casquettes, des parapluies, des bagages, des sacs…

Ce qui a changé, c’est l’appropriation de l’écossais par la gente féminine. Si les femmes des clans écossais n’étaient pas autorisées à porter le kilt, elles avaient, en guise de compromis, le droit de porter un élément « écossais » dans leur tenue vestimentaire le curraichd, simple manteau de lin, agrémenté de rubans de tartan sur les épaules et à la ceinture. Au XXIe siècle, lors des cérémonies, la robe tartan était de mise, aux couleurs du clan sur un fond blanc. Nous avons toutes eu au moins une pièce écossaise dans notre garde-robe. C’est la décontraction, la bonne humeur, le plaisir de porter haut des couleurs, de la fantaisie au quotidien.Les tissus écossais sont en bonne place chez les éditeurs de tissus d’ameublement. La mode va et vient et les écossais demeurent. (murs, dessus de lit, nappes, canapés). La liste est longue, la gamme de couleurs vaste, le choix immense, pensez y. Une touche de fantaisie c’est très appréciable, surtout lorsque l’étoffe à une histoire.

Ecrire, c’est un peu tisser : les lettres, en un certain ordre assemblées, forment des mots qui mis bout à bout, deviennent des textes. Les brins de fibres textiles maintenus ensemble par torsion forment des fils qui, en un certain ordre entrelacés, deviennent des tissus…Textile et texte, un tête à tête où toute ressemblance n’est pas fortuite. Il est des civilisations qui transmettent leur culture par l’écriture, d’autres par la parole, d’autres encore, par la parole écrite avec un fil. Entre le tissu et moi, c’est une histoire de famille. Quatre générations et quatre manières différentes de tisser des liens intergénérationnels entre les étoffes et les « textilophiles ». Après ma formation à l’Ecole du Louvre et un passage dans les musées nationaux, j’ai découvert les coulisses des étoffes. Avec délice, je me suis glissée dans des flots de taffetas, avec patience j’ai gravi des montagnes de mousseline, avec curiosité j’ai enjambé des rivières de tweed, pendant plus de 35 ans, au sein de la société De gilles Tissus et toujours avec la même émotion. J’eus l’occasion d’admirer le savoir-faire des costumiers qui habillent, déguisent, costument, travestissent les comédiens, acteurs, danseurs, clowns, chanteurs, pour le plus grand plaisir des spectateurs. J’ai aimé travailler avec les décorateurs d’intérieurs toujours à la recherche du Graal pour leurs clients. Du lange au linceul, le tissu nous accompagne, il partage nos jours et nos nuits. Et pourtant, il reste un inconnu ! Parler chiffon peut parfois sembler futile, mais au-delà des mots, tissu, textile, étoffe, dentelle, feutre, tapisserie ou encore broderie, il est un univers qui gagne à être connu. Ainsi, au fil des ans les étoffes sont devenues des amies que j’ai plaisir à vous présenter chaque mois sur ce blog de manière pédagogique et ludique. Je vous souhaite une belle lecture.

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