{"id":5179,"date":"2022-11-25T11:17:23","date_gmt":"2022-11-25T10:17:23","guid":{"rendered":"https:\/\/www.etoffe.com\/blog\/?p=5179"},"modified":"2022-11-25T11:17:24","modified_gmt":"2022-11-25T10:17:24","slug":"tout-savoir-sur-le-madras","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.etoffe.com\/blog\/2022\/11\/tout-savoir-sur-le-madras\/","title":{"rendered":"Tout savoir sur le Madras"},"content":{"rendered":"\n<p>LA&nbsp; ROCAMBOLESQUE&nbsp; SAGA D\u2019UN CARR\u00c9 DE 36 POUCES<\/p>\n\n\n\n<p>Ce post automnal n\u2019aurait \u00e9t\u00e9 que la description d\u2019une cotonnade tr\u00e8s estivale,&nbsp; joyeusement chahut\u00e9e par des carreaux multicolores nonobstant ma curiosit\u00e9 et&nbsp; son histoire pluri-s\u00e9culaire aux ramifications cultuelles et culturelles&nbsp; internationales.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/www.etoffe.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/resizer-2.jpg\" alt=\"Madras\" class=\"wp-image-5193\" width=\"634\" height=\"313\" srcset=\"https:\/\/www.etoffe.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/resizer-2.jpg 500w, https:\/\/www.etoffe.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/resizer-2-300x148.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 634px) 100vw, 634px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>COMME UN PASSEUR D\u2019HISTOIRES<\/p>\n\n\n\n<p>N\u00e9 sur les rives du golfe du Bengale, il a conquis le monde entier mais son parcours hors normes est jonch\u00e9 de drames et de joies, d\u2019\u00e9checs et de victoires. Se faufiler entre les fils de ce tissu, c\u2019est prendre conscience des r\u00e9percussions d\u2019un simple morceau d\u2019\u00e9toffe sur la soci\u00e9t\u00e9 d\u2019un point de vue \u00e9conomique, politique et soci\u00e9tal.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Le saviez vous ? Au cours de l\u2019histoire, le tissu-v\u00eatement est maintes fois sorti de son r\u00f4le<\/em> protecteur<em> pour se transformer en un outil de r\u00e9sistance pacifique. Voici quelques exemples de ces signes de protestation adress\u00e9s aux pouvoirs en place.&nbsp; Le boycott des tissus anglais par Gandhi, les pantalons des sans-culottes, la coiffe en madras des esclaves affranchis aux Antilles, les chemises fleuries de Madiba.&nbsp; &nbsp;<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;A MI-CHEMIN ENTRE TRADITION ET FOLKLORE ?<\/p>\n\n\n\n<p>Tradition du latin<em> tradere,<\/em>&nbsp;\u00e0 travers&nbsp;et&nbsp;<em>dare,<\/em>&nbsp;transmettre. Folklore de l\u2019anglais folk, peuple et lore, l\u00e9gende. Ce n\u2019est qu\u2019\u00e0 la fin de ce post que vous serez en mesure d\u2019en juger.<\/p>\n\n\n\n<p>CHOIX JUDICIEUX<\/p>\n\n\n\n<p>En1640, Francis Day, premier directeur de la British East India Company, obtint aupr\u00e8s des autorit\u00e9s locales, l\u2019autorisation d\u2019\u00e9tablir une colonie britannique \u00e0 Madraspatnam, un village de p\u00eacheurs situ\u00e9 sur la c\u00f4te de Coromandel. C\u2019est, \u00e0 la fois, la position g\u00e9ographie du village et le potentiel de l\u2019artisanat textile r\u00e9gional qui attir\u00e8rent l\u2019attention des colons. Avec la construction du fort St Georges, d\u00e9buta l\u2019irr\u00e9sistible ascension d\u2019un carr\u00e9 de coton qui deviendra le mouchoir-madras et le d\u00e9veloppement de la ville de Madras, rebaptis\u00e9e Chennai&nbsp; en 1996.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Le saviez vous? : les britanniques firent preuve d\u2019audace en misant sur le succ\u00e8s commercial hypoth\u00e9tique des cotonnades face \u00e0 des concurrents qui pari\u00e8rent sur des valeurs s\u00fbres comme le commerce des \u00e9pices et des soieries brod\u00e9es. A posteriori , les anglais prirent la bonne d\u00e9cision au vue de l\u2019engouement de la client\u00e8le europ\u00e9enne pour \u00ables indiennes\u00bb. &nbsp;<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>SAVOIR POUR PREVOIR POUR POUVOIR<\/p>\n\n\n\n<p>En pr\u00e9vision de l\u2019accroissement de la demande, les britanniques incit\u00e8rent les artisans teinturiers et tisserands \u00e0 s\u2019installer dans la r\u00e9gion du fort St Georges&nbsp; en contrepartie d\u2019une exemption d\u2019imp\u00f4ts. L\u2019op\u00e9ration fut une r\u00e9ussite, donnant l\u2019impulsion n\u00e9cessaire \u00e0 la fondation de ce qui deviendra un des plus grands centres textiles de l\u2019Inde coloniale.<\/p>\n\n\n\n<p>LE RUMAL A L\u2019ORIGINE DES FOULARDS MADRAS<\/p>\n\n\n\n<p>Au XVIe si\u00e8cle, teinturiers et tisserands de l\u2019Inde du sud se sp\u00e9cialis\u00e8rent dans la fabrication de petits carr\u00e9s de toile en fibres d\u2019abaca unis ou quadrill\u00e9s, aux couleurs douces. La fibre d\u2019abaca, tir\u00e9e d\u2019une plante de la famille des bananiers, est caract\u00e9ris\u00e9e par un lustre qui r\u00e9fl\u00e9chit la lumi\u00e8re, ce qui lui valut le surnom de \u00ab&nbsp;soie de banane&nbsp;\u00bb.&nbsp; Mais cette fibre, introduite en Inde \u00e0 la fin du XVe si\u00e8cle par les portugais, fut remplac\u00e9e par le coton indien, une plante indig\u00e8ne plus facile \u00e0 travailler et plus \u00e9conomique. Les madras, en coton et soie ou tout soie, \u00e9taient des cr\u00e9ations europ\u00e9ennes. Le rumal \u00e9tait utilis\u00e9 par les fid\u00e8les pour envelopper les offrandes faites aux divinit\u00e9s v\u00e9n\u00e9r\u00e9es dans les temples. Ce carr\u00e9 d\u2019\u00e9toffe est devenu handkerchief en anglais et mouchoir en fran\u00e7ais, traduction pour le moins curieuse si l\u2019on consid\u00e8re que sa fonction premi\u00e8re \u00e9tait plus c\u00e9r\u00e9monielle qu\u2019utilitaire.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Le saviez vous : On raconte qu\u2019au XIX e si\u00e8cle, un membre de la secte des Thugs aurait tu\u00e9 par strangulation plus de 900 personnes avec un rumal.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>UN TERME GENERIQUE<\/p>\n\n\n\n<p>Au XVII e si\u00e8cle, Madras d\u00e9signait globalement des toiles de coton teintes, unies ou \u00e0 carreaux, provenant de l\u2019Inde du sud. Le nom d\u00e9rive de la ville de Madras,&nbsp; principal centre d\u2019exportation des marchandises, un rep\u00e8re \u00e0 la fois g\u00e9ographique et \u00e9conomique. Cette option g\u00e9n\u00e9raliste chagrine les puristes. Sachant qu\u2019il existait une infinit\u00e9 de tissages r\u00e9sultant d\u2019un amalgame d\u2019influences, des diff\u00e9rences apparurent en fonction du lieu de production, de la qualit\u00e9 des fils, de&nbsp; la solidit\u00e9 des couleurs, de la finesse d\u2019ex\u00e9cution.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Parmi les exceptions \u00e0 la r\u00e8gle et dans la mesure o\u00f9 ce post s\u2019int\u00e9resse au madras,&nbsp; on trouve les c\u00e9l\u00e8bres mouchoirs de Palicate dont la renomm\u00e9e d\u00e9passa les fronti\u00e8res de l\u2019Inde, les registres des douanes fran\u00e7aises les ayant mentionn\u00e9s \u00e0 plusieurs reprises, une origine que l\u2019on retrouve dans le sarong \u00e0 carreaux indon\u00e9sien.<\/em>&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed-youtube wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"The Madras Checks - Documentary by Sukil and Khushboo\" width=\"680\" height=\"383\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/NhtMR8dapuQ?feature=oembed&#038;enablejsapi=1&#038;origin=https:\/\/www.etoffe.com\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<p>DE LA DIVERSITE NAIT LE CHARME<\/p>\n\n\n\n<p>Le madras est une cotonnade l\u00e9g\u00e8re et souple, qualit\u00e9s appr\u00e9ci\u00e9es dans les r\u00e9gions au climat humide et chaud. Qu\u2019il se nomme carreaux, \u00e9cossais, check, guinea check, George check, plaid ou encore tartan; qu\u2019il soit tiss\u00e9 ou imprim\u00e9, ce motif demeure la principale caract\u00e9ristique dans l\u2019imaginaire populaire. Si le quadrillage fut inspir\u00e9 par la pr\u00e9sence de troupes \u00e9cossaises \u00e0 l\u2019\u00e9poque coloniale,&nbsp; la technique de tissage demeure indienne. Qu\u2019est ce qui diff\u00e9rencie un tartan \u00e9cossais d\u2019un madras indien ? la mati\u00e8re premi\u00e8re : laine pour l\u2019un, coton pour l\u2019autre; l\u2019armure serg\u00e9&nbsp;pour l\u2019un, la toile pour l\u2019autre, les couleurs douces des foug\u00e8res et la brume de la lande pour l\u2019un, les couleurs vives, fortes qui ont&nbsp; tendance \u00e0 s\u2019adoucir \u00e0 l\u2019usage pour l\u2019autre.<\/p>\n\n\n\n<p>Comme les tricots des marins de l\u2019\u00eele de Jersey, diff\u00e9rents dans chaque village, les artisans laissent leur signature sur chaque pi\u00e8ce, dans l\u2019harmonie et l\u2019intensit\u00e9 des couleurs pour chaque teinturier, dans l\u2019organisation du rythme et du croisement des rayures, voil\u00e0 pourquoi il n\u2019y a pas deux madras v\u00e9ritables identiques.&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>LA FILATURE<\/p>\n\n\n\n<p>Le coton indien donne des fibres courtes, difficiles \u00e0 nettoyer parfaitement.&nbsp; Impossible \u00e0 peigner, elles sont card\u00e9es. En cons\u00e9quence, les fils utilis\u00e9s pour le tissage des madras sont irr\u00e9guliers et la surface est ponctu\u00e9e d\u2019imperfections, de n\u0153uds, de boutons. Parfois, on note la pr\u00e9sence de brindilles, d\u2019impuret\u00e9s ou de poussi\u00e8res. <em>M\u00e9fiez-vous d\u2019un madras net, propre, serr\u00e9, trop parfait si vous avez fait l\u2019acquisition d\u2019un madras artisanal.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Le processus d\u00e9bute par le traitement pr\u00e9alable du fil de coton qui&nbsp;est tremp\u00e9 dans une bouillie d\u2019eau puis immerg\u00e9 dans un bain d\u2019huile de s\u00e9same et de cendres. Ensuite, il est lav\u00e9, essor\u00e9 et s\u00e9ch\u00e9 au soleil. Ce traitement a pour but de facilit\u00e9 l\u2019absorption de la teinture.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Le r\u00f4le de la qualit\u00e9 du fil dans la fabrication des madras est primordial. Au XVIIIe si\u00e8cle, les britanniques import\u00e8rent les balles de coton indien brut pour le filer dans les manufactures britanniques puis renvoyaient \u00e0 Madras le fil pour le teindre et le tisser sur place. Mais ce fil retord, est rond, lisse et plus sophistiqu\u00e9&nbsp; que le fil indien irr\u00e9gulier, rustique et plat. Il y eut donc deux madras : le madras original et le mouchoir madras tiss\u00e9 avec les fils retors, reconnaissable \u00e0 sa texture plus souple, aux coloris plus \u00e9teints et moins cher car la demande \u00e9tait plus faible. Les amateurs des&nbsp; premiers madras mirent au point la technique du \u00ab&nbsp;calandage&nbsp;\u00bb, m\u00e9lange de gomme arabique et de jaune de chrome pour raviver les couleurs trop p\u00e2les de ces mouchoirs.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>LA TEINTURE<\/p>\n\n\n\n<p>La teinture se fait sur les fils avant le tissage avec des colorants naturels d\u2019origine v\u00e9g\u00e9tale. Traditionnellement, les fils de chaine sont teints et les fils de trame blancs ou inversement.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Les couleurs principales sont le rouge et, en combinant le jaune (curcuma) et le bleu (indigo), on obtient du vert.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Le d\u00e9gorgement des couleurs est une caract\u00e9ristique des v\u00e9ritables madras. Il est&nbsp; provoqu\u00e9 par les tisserands eux-m\u00eames qui recherchent cet effet d\u2019affadissement des teintes en conservant les fils teints dans une atmosph\u00e8re humide pour qu\u2019avant m\u00eame le tissage, les tonalit\u00e9s commencent \u00e0 s\u2019adoucir.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><em>Avec l\u2019\u00e9volution des technologies, les co\u00fbteuses teintures naturelles ont \u00e9t\u00e9 <\/em>remplac\u00e9es par leurs homologues chimiques, plus fixatrices, concentr\u00e9es et faciles \u00e0 produire appel\u00e9es&nbsp;color-fast.<em> M\u00e9fiez vous d\u2019un madras qui ne d\u00e9teindrait pas au lavage, si vous pensez avoir fait l\u2019acquisition d\u2019un madras artisanal.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Le saviez vous ? Impossible de parler de la teinture sans mentionner ce savoureux cas d\u2019\u00e9cole. En 1958, l\u2019am\u00e9ricain w. Jacobson, sp\u00e9cialis\u00e9 dans l\u2019import export de tissus, se rendit \u00e0 Bombay pour s\u2019en procurer. Il eut une opportunit\u00e9 commerciale prometteuse. Le march\u00e9 fut conclu avec une grande entreprise de textile locale : un lot de 10,000 yards de madras \u00e0 1 dollar le yard. Une marchandise aux couleurs vives mais de pi\u00e8tre qualit\u00e9, un lot destin\u00e9 au march\u00e9 africain, mais invendu. Jacobson fut pr\u00e9venu des pr\u00e9cautions que requ\u00e9rait l\u2019entretien de ces madras. Un lavage dans une eau trop chaude entrainerait imm\u00e9diatement un d\u00e9gorgement de couleurs. Mais, lors de la vente du madras \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 am\u00e9ricaine Brooks Brothers, Jacobson omit de transmettre les indications sp\u00e9cifique de lavage. La fabrication des chemises en madras fut lanc\u00e9e, les articles vendus mais les r\u00e9clamations des clients m\u00e9contents de voir les belles couleurs des chemises dispara\u00eetre dans l\u2019eau de rin\u00e7age, afflu\u00e8rent. La soci\u00e9t\u00e9 fit appel au publicitaire David Ogilvy qui solutionna avec talent le probl\u00e8me en retournant la situation au profit de Brooks Brothers en inventant le slogan Garenteed to bleed \u201csaignement garanti\u201c&nbsp; faisant d\u2019un inconvenient un argument de vente.<\/p>\n\n\n\n<p>LE TISSAGE<\/p>\n\n\n\n<p>Les fils de cha\u00eene, une fois mis en place, bien tendus, sont enduits d\u2019amidon de riz pour leur donner une rigidit\u00e9 et faciliter le tissage.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Le tissage d\u00e9bute avec des fils de trame encore humides.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Le r\u00e9tr\u00e9cissement est in\u00e9vitable \u00e0 la fin du tissage. Les fils sont alors lib\u00e9r\u00e9s de l&rsquo;appr\u00eat temporaire et reprennent, sous l&rsquo;action combin\u00e9e de la chaleur et de l\u2019humidit\u00e9, leur dimension originelle. La tension \u00e9tant plus forte sur les fils de cha\u00eene, le retrait sera plus important sur la longueur.<\/p>\n\n\n\n<p>En principe, le&nbsp; r\u00e9tr\u00e9cissement n&rsquo;est pas progressif pour le coton, il l&rsquo;est plus pour la laine. Il est toujours pr\u00e9f\u00e9rable lorsque l\u2019on travaille le madras de pr\u00e9voir plus de m\u00e9trage que n\u00e9cessaire.<\/p>\n\n\n\n<p>DES RESTRICITONS IMPLICITES<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;artisanat implique des restrictions techniques qui sont les garants d&rsquo;une certaine authenticit\u00e9 : le m\u00e9trage unitaire d&rsquo;une pi\u00e8ce de madras d\u00e9passe rarement 20 m. Cette unit\u00e9 de mesure semble avoir \u00e9t\u00e9 calcul\u00e9e, d\u2019une part, sur la base de fabrications des fils de cha\u00eene tendus entre deux arbres distants au maximum de 66 feet et, d\u2019autre part, sur la possibilit\u00e9 de placer 8 carr\u00e9s de 0,91 m sans perte. La largeur correspond aux dimensions traditionnelles du m\u00e9tier \u00e0 tisser. Le prix est fix\u00e9 pour un carr\u00e9, il est multipli\u00e9 par le nombre de carr\u00e9s demand\u00e9s. &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Techniquement, chaque carr\u00e9 est s\u00e9par\u00e9 par un espace vierge, de mani\u00e8re \u00e0 faciliter le d\u00e9coupage selon la demande du client. Un carr\u00e9 pour un foulard de t\u00eate quatre, cinq ou plus pour une robe. &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Ce pr\u00e9 d\u00e9coupage fut un stratag\u00e8me ing\u00e9nieux qui permit aux anglais d\u2019importer du madras en ballots et non sous la forme de mouchoirs pour minimiser les droits de douanes \u00e0 leur arriv\u00e9e \u00e0 Londres.<\/p>\n\n\n\n<p>Le saviez vous? La combinaison des produits utilis\u00e9s par les artisans lors de la&nbsp; fabrication fut \u00e0 l\u2019origine d\u2019une naus\u00e9abonde&nbsp; \u00ab&nbsp;fragrance \u00ab&nbsp;: l\u2019huile de s\u00e9same,&nbsp; dissolution partielle de l\u2019amidon de riz et le dernier rin\u00e7age apr\u00e8s tissage dans l\u2019eau croupie des mar\u00e9cages. En fin de compte, cet inconv\u00e9nient n\u2019est-il pas une preuve d\u2019authenticit\u00e9 ?<\/p>\n\n\n\n<p>DES LABELS POUR DISTINGUER L\u2019ORIGINAL DE LA COPIE<\/p>\n\n\n\n<p>Pour obtenir le label RMHK pour Real Madras Hand Kerchief (v\u00e9ritable mouchoir de Madras), celui-ci doit r\u00e9pondre \u00e0 des crit\u00e8res pr\u00e9cis. La signification de ces quatre lettres est aujourd\u2019hui obsol\u00e8te.<\/p>\n\n\n\n<p> &#8211; Real : les madras indiens, souvent fabriqu\u00e9s industriellement, imprim\u00e9s et non tiss\u00e9s, sans la moindre trace de coton, mais en fibres synth\u00e9tiques.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Madras n\u2019est que le nom de la ville d\u2019o\u00f9 partent les marchandises souvent fabriqu\u00e9es ailleurs.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Hand Kerchief : mouchoir. Un mot dont le sens n\u2019est pas conforme \u00e0 l\u2019usage.<\/p>\n\n\n\n<p>Les habitudes ont la vie dure. Aux Indes, RMHK demeure la d\u00e9nomination commerciale du madras en g\u00e9n\u00e9ral, artisanal ou industriel, et c\u2019est au client de faire le tri. Le respect du label de la US Federal Trade Commission est plus restrictif : le terme de madras ne peut \u00eatre utilis\u00e9 sur une \u00e9tiquette ou de mani\u00e8re commerciale que s\u2019il est fabriqu\u00e9 artisanalement dans la r\u00e9gion de Madras par des artisans originaires de l\u2019Inde du Sud.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Le saviez vous ? Les citoyens am\u00e9ricains sont friands du madras depuis son introduction dans le pays au XVIIIe si\u00e8cle par Elihu Yale, second gouverneur de la colonie de Madras. En 1718, le Collegiate School of Connecticut \u00e9tait \u00e0 la recherche de financement pour agrandir ses locaux. Le directeur fit appel \u00e0 Yale, membre de la Royal Society, qui r\u00e9pondit en envoyant une caisse de tissus en provenance de madras. Ce lot vendu, rapporta un pactole et, en remerciement, l\u2019\u00e9cole fut rebaptis\u00e9e Yale College qui deviendra la Yale University.<\/em> Le<em> madras<\/em>&nbsp;eut ses heures de gloire dans les ann\u00e9es 50-60 avec la tendance&nbsp;\u201c<em>preppy\u201c lanc\u00e9e par les \u00e9tudiants de Yale qui a donn\u00e9 naissance \u00e0 plus de 150 000 nouvelles combinaisons de carreaux.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>DES EPISODES COMMERCIAUX PEU GLORIEUX PEU OU PROU R\u00c9V\u00c9L\u00c9S<\/p>\n\n\n\n<p>Un passage sombre de l\u2019\u00e9pop\u00e9e commerciale du madras demeure sa position dominante dans le commerce triangulaire, ou traite n\u00e9gri\u00e8re, initi\u00e9e au XVIe si\u00e8cle par les colons portugais et espagnols, puis d\u00e9velopp\u00e9e par les hollandais, les anglais et les fran\u00e7ais. Les navires des grandes compagnies occidentales quittaient les ports indiens, les soutes remplies de marchandises plus ou moins pr\u00e9cieuses. Sur le retour en Europe, les escales le long des c\u00f4tes de l\u2019Afrique de l\u2019ouest permettaient d\u2018\u00e9changer avec les chefs de tribus des produits comme les carr\u00e9s de madras contre des captifs razzi\u00e9s dans les royaumes voisins.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Le saviez vous ? D\u00e8s le XVI si\u00e8cle, les portugais introduisirent le madras chez les Kalabari, une ethnie \u00e9tablie dans les \u00eeles du delta du Niger. Fascin\u00e9e par ce tissu color\u00e9, la population en fit un \u00e9l\u00e9ment indissociable de leur culture, s\u2019appropriant le madras en le baptisant du nom indig\u00e8ne inji signifiant \u201cfabriqu\u00e9 aux indes\u201c.&nbsp; L\u2019inji est, depuis le XVI e si\u00e8cle, un signe distinctif du costume et des rituels Kalahari, accompagnant ses membres&nbsp; dans la vie quotidienne jusque dans l\u2019au-del\u00e0, soit du \u201cventre \u00e0 la tombe\u201c. En France, le lin nous accompagne du lange au linceul. Au XIXe si\u00e8cle, apr\u00e8s l\u2019abolition de l\u2019esclavage, les kalabari ont continu\u00e9 \u00e0 commercer avec les britanniques, \u00e9changeant le madras contre de l\u2019huile de palme, un lubrifiant n\u00e9cessaire au fonctionnement des machines qui, avec le d\u00e9veloppement de l\u2019industrie textile en Grande Bretagne, remplac\u00e8rent les artisans pour la filature et le tissage.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>MADRAS DES CHAMPS ET CACHEMIRE DES VILLES<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Aux Indes, au XVIIe si\u00e8cle, \u00ab&nbsp;les mouchoirs \u00e0 carreaux \u00ab \u00e9taient des articles destin\u00e9s aux classes populaires; un tissu m\u00e9pris\u00e9 par les castes sup\u00e9rieures alors qu\u2019ils \u00e9taient consid\u00e9r\u00e9s comme un produit de luxe du fait de leur raret\u00e9 dans les pays importateurs. Au XIXe si\u00e8cle en Europe, la fabrication de mouchoirs madras en quantit\u00e9 permit de d\u00e9mocratiser le produit, s\u00e9duisant les gens de la campagne alors que l\u2019on note une attirance des citadins fortun\u00e9s pour un nouveau produit d\u2019importation : le luxueux cachemire.<\/p>\n\n\n\n<p>LA LEGENDE REVISITEE&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est, dit-on g\u00e9n\u00e9ralement, peu apr\u00e8s l\u2019abolition de l\u2019esclavage en 1848, que le&nbsp; madras arriva aux Antilles. Les premiers indiens tamouls n\u2019arriv\u00e8rent aux Antilles, pour pallier la p\u00e9nurie de main d\u2019\u0153uvre dans les plantations de canne \u00e0 sucre, qu\u2019en 1653. Alors comment expliquer :<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; que la c\u00e9l\u00e8bre chanson \u201cadieu foulard, adieu madras \u201c ait \u00e9t\u00e9 \u00e9crite en 1769 ? &#8211; que Napol\u00e9on ait pris l&rsquo;habitude de se couvrir la t\u00eate d\u2019un madras afin de se prot\u00e9ger de l&rsquo;humidit\u00e9 et de la chaleur lors de son s\u00e9jour \u00e0 Sainte-H\u00e9l\u00e8ne ?<\/p>\n\n\n\n<p><em>Le saviez vous ?&nbsp; Tr\u00e8s&nbsp; r\u00e9cemment, fut vendue aux ench\u00e8res un mouchoir de madras rouge et blanc ayant appartenu \u00e0 Napol\u00e9on.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>De toute \u00e9vidence, le madras arriva aux Antilles, transport\u00e9 par les navires marchands battant pavillon fran\u00e7ais, britanniques, hollandais portugais qui sillonnaient les mers, regorgeaient de marchandises exotiques d\u00e8s le XVIIe si\u00e8cle.&nbsp; &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/www.etoffe.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/tissus-madras-3-1024x536.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-5190\" width=\"662\" height=\"346\" srcset=\"https:\/\/www.etoffe.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/tissus-madras-3-1024x536.jpg 1024w, https:\/\/www.etoffe.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/tissus-madras-3-300x157.jpg 300w, https:\/\/www.etoffe.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/tissus-madras-3-768x402.jpg 768w, https:\/\/www.etoffe.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/tissus-madras-3.jpg 1200w\" sizes=\"(max-width: 662px) 100vw, 662px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>LE MADRAS AUX ANTILLES FRAN\u00c7AISES :&nbsp; JE T\u2019AIME MOI NON PLUS &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>La signification de ce carr\u00e9 de 36 pouces est ambigu\u00eb : hier, code vestimentaire impos\u00e9 aux femmes de couleurs r\u00e9duites en esclavage ; aujourd\u2019hui, symbole de l\u2019identit\u00e9 cr\u00e9ole. &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Et nous voil\u00e0 arriv\u00e9s \u00e0 la fin de ce post, maintenant c\u2019est \u00e0 vous de trancher : tradition ou folklore ?&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>LA&nbsp; ROCAMBOLESQUE&nbsp; SAGA D\u2019UN CARR\u00c9 DE 36 POUCES Ce post automnal n\u2019aurait \u00e9t\u00e9 que la description d\u2019une cotonnade tr\u00e8s estivale,&nbsp; joyeusement chahut\u00e9e par des carreaux multicolores nonobstant ma curiosit\u00e9 et&nbsp; son histoire pluri-s\u00e9culaire aux ramifications cultuelles et culturelles&nbsp; internationales. COMME UN PASSEUR D\u2019HISTOIRES N\u00e9 sur les rives du golfe du Bengale, il a conquis le monde entier mais son parcours hors normes est jonch\u00e9 de drames et de joies, d\u2019\u00e9checs et de victoires. 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Les brins de fibres textiles maintenus ensemble par torsion forment des fils qui, en un certain ordre entrelac\u00e9s, deviennent des tissus\u2026Textile et texte, un t\u00eate \u00e0 t\u00eate o\u00f9 toute ressemblance n\u2019est pas fortuite. Il est des civilisations qui transmettent leur culture par l\u2019\u00e9criture, d\u2019autres par la parole, d\u2019autres encore, par la parole \u00e9crite avec un fil. Entre le tissu et moi, c\u2019est une histoire de famille. Quatre g\u00e9n\u00e9rations et quatre mani\u00e8res diff\u00e9rentes de tisser des liens interg\u00e9n\u00e9rationnels entre les \u00e9toffes et les \u00ab\u00a0textilophiles\u00a0\u00bb. Apr\u00e8s ma formation \u00e0 l\u2019Ecole du Louvre et un passage dans les mus\u00e9es nationaux, j\u2019ai d\u00e9couvert les coulisses des \u00e9toffes. Avec d\u00e9lice, je me suis gliss\u00e9e dans des flots de taffetas, avec patience j\u2019ai gravi des montagnes de mousseline, avec curiosit\u00e9 j\u2019ai enjamb\u00e9 des rivi\u00e8res de tweed, pendant plus de 35 ans, au sein de la soci\u00e9t\u00e9 De gilles Tissus et toujours avec la m\u00eame \u00e9motion. J\u2019eus l\u2019occasion d\u2019admirer le savoir-faire des costumiers qui habillent, d\u00e9guisent, costument, travestissent les com\u00e9diens, acteurs, danseurs, clowns, chanteurs, pour le plus grand plaisir des spectateurs. J\u2019ai aim\u00e9 travailler avec les d\u00e9corateurs d\u2019int\u00e9rieurs toujours \u00e0 la recherche du Graal pour leurs clients. Du lange au linceul, le tissu nous accompagne, il partage nos jours et nos nuits. Et pourtant, il reste un inconnu ! Parler chiffon peut parfois sembler futile, mais au-del\u00e0 des mots, tissu, textile, \u00e9toffe, dentelle, feutre, tapisserie ou encore broderie, il est un univers qui gagne \u00e0 \u00eatre connu. Ainsi, au fil des ans les \u00e9toffes sont devenues des amies que j\u2019ai plaisir \u00e0 vous pr\u00e9senter chaque mois sur ce blog de mani\u00e8re p\u00e9dagogique et ludique. 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Les brins de fibres textiles maintenus ensemble par torsion forment des fils qui, en un certain ordre entrelac\u00e9s, deviennent des tissus\u2026Textile et texte, un t\u00eate \u00e0 t\u00eate o\u00f9 toute ressemblance n\u2019est pas fortuite. Il est des civilisations qui transmettent leur culture par l\u2019\u00e9criture, d\u2019autres par la parole, d\u2019autres encore, par la parole \u00e9crite avec un fil. Entre le tissu et moi, c\u2019est une histoire de famille. Quatre g\u00e9n\u00e9rations et quatre mani\u00e8res diff\u00e9rentes de tisser des liens interg\u00e9n\u00e9rationnels entre les \u00e9toffes et les \u00ab\u00a0textilophiles\u00a0\u00bb. Apr\u00e8s ma formation \u00e0 l\u2019Ecole du Louvre et un passage dans les mus\u00e9es nationaux, j\u2019ai d\u00e9couvert les coulisses des \u00e9toffes. Avec d\u00e9lice, je me suis gliss\u00e9e dans des flots de taffetas, avec patience j\u2019ai gravi des montagnes de mousseline, avec curiosit\u00e9 j\u2019ai enjamb\u00e9 des rivi\u00e8res de tweed, pendant plus de 35 ans, au sein de la soci\u00e9t\u00e9 De gilles Tissus et toujours avec la m\u00eame \u00e9motion. J\u2019eus l\u2019occasion d\u2019admirer le savoir-faire des costumiers qui habillent, d\u00e9guisent, costument, travestissent les com\u00e9diens, acteurs, danseurs, clowns, chanteurs, pour le plus grand plaisir des spectateurs. J\u2019ai aim\u00e9 travailler avec les d\u00e9corateurs d\u2019int\u00e9rieurs toujours \u00e0 la recherche du Graal pour leurs clients. Du lange au linceul, le tissu nous accompagne, il partage nos jours et nos nuits. Et pourtant, il reste un inconnu ! Parler chiffon peut parfois sembler futile, mais au-del\u00e0 des mots, tissu, textile, \u00e9toffe, dentelle, feutre, tapisserie ou encore broderie, il est un univers qui gagne \u00e0 \u00eatre connu. Ainsi, au fil des ans les \u00e9toffes sont devenues des amies que j\u2019ai plaisir \u00e0 vous pr\u00e9senter chaque mois sur ce blog de mani\u00e8re p\u00e9dagogique et ludique. 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