{"id":2452,"date":"2019-09-23T15:59:53","date_gmt":"2019-09-23T13:59:53","guid":{"rendered":"http:\/\/www.etoffe.com\/blog\/?p=2452"},"modified":"2021-02-08T12:12:16","modified_gmt":"2021-02-08T11:12:16","slug":"le-chintz-un-tissu-de-legende","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.etoffe.com\/blog\/2019\/09\/le-chintz-un-tissu-de-legende\/","title":{"rendered":"Le chintz, un tissu de l\u00e9gende"},"content":{"rendered":"\n<p>Le chintz, c\u2019est d\u2019abord un mythe et aussi toute une histoire dont les r\u00e9percussions se firent sentir sur la politique \u00e9conomique des pays europ\u00e9ens du XVIe au XIXe si\u00e8cle, avant d\u2019\u00eatre ce <a href=\"https:\/\/www.etoffe.com\/6-tissus-au-metre\">tissu<\/a> innocent, un brin nostalgique, qui tapisse les fauteuils, d\u00e9core les fen\u00eatres, habille les petites filles mod\u00e8les.<\/p>\n\n\n\n<!--more-->\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter is-resized\"><a href=\"https:\/\/www.etoffe.com\/tissus-au-metre\/14504-lin-linum-sahco.html?search_query=chintz&amp;results=6#14504-98258\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/www.etoffe.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2019\/11\/lin-linum-sahco-1.jpg\" alt=\"Lin Linum Sahco\" class=\"wp-image-2827\" width=\"427\" height=\"276\" srcset=\"https:\/\/www.etoffe.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2019\/11\/lin-linum-sahco-1.jpg 500w, https:\/\/www.etoffe.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2019\/11\/lin-linum-sahco-1-300x194.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 427px) 100vw, 427px\" \/><\/a><figcaption><a href=\"https:\/\/www.etoffe.com\/tissus-au-metre\/14504-lin-linum-sahco.html?search_query=chintz&amp;results=6#14504-98258\">Lin Linum&nbsp;&#8211; Sahco<\/a><\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<h4><strong>Une origine m\u00e9tiss\u00e9e<\/strong><\/h4>\n\n\n\n<p>D\u2019o\u00f9 vient ce curieux mot ? <a href=\"https:\/\/www.etoffe.com\/recherche?controller=search&amp;orderby=position&amp;orderway=desc&amp;search_query=chintz&amp;search_filters=%5B%22classification%3D6%3DTissu+ameublement%22%5D\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\" aria-label=\"Chintz (s\u2019ouvre dans un nouvel onglet)\">Chintz<\/a> fut emprunt\u00e9 avant d\u2019\u00eatre anglicis\u00e9, au sanscrit \u00ab\u00a0chitta\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0chitti\u00a0\u00bb et au Mahriti \u00ab\u00a0chit\u00a0\u00bb signifiant mouchet\u00e9, tachet\u00e9, technique de couleur projet\u00e9e sur un fond. <\/p>\n\n\n\n<p>Le chintz \u00e9voque \u00e9videmment les int\u00e9rieurs cosy et joyeux des cottages anglais, mais saviez vous que ce sont les portugais qui les premiers prirent la mesure du potentiel \u00e9conomique de ces toiles peintes&nbsp;? Alors rendons \u00e0 C\u00e9sar ce qui lui appartient.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Les portugais passent et manquent<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Les lusitaniens\nd\u00e9barquent avec le navigateur Vasco de Gama en 1498 \u00e0 Calicut, ville portuaire situ\u00e9e\nsur la c\u00f4te sud-ouest de l\u2019Inde. Ce sont les premiers occidentaux \u00e0 aborder le sous-continent\nindien par la mer.&nbsp; <\/p>\n\n\n\n<p>Au cours des\nd\u00e9cennies suivantes, ils vont coloniser cette c\u00f4te de Malabar appel\u00e9e \u00ab&nbsp;la\nc\u00f4te des \u00e9pices&nbsp;\u00bb, en fondant la premi\u00e8re compagnie marchande occidentale\nen Inde avec les comptoirs commerciaux&nbsp;de Cochin et de Goa dont ils feront\nla capitale de \u00ab&nbsp;l\u2019empire des indes portugaises&nbsp;\u00ab.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Les navires\nrepartaient vers le Portugal charg\u00e9s de denr\u00e9es rares et recherch\u00e9es par les\neurop\u00e9ens&nbsp;comme les \u00e9pices&nbsp;: poivre, cannelle, clous de girofle. Rapidement,\nles armateurs s\u2019aper\u00e7urent que les \u00e9pices se trouvant dans les pays\nenvironnants \u00e9taient de meilleure qualit\u00e9. Le clou de girofle des Moluques\n\u00e9tait l\u2019un des plus estim\u00e9s. <\/p>\n\n\n\n<p><strong>Un commerce bas\u00e9 sur les \u00e9changes&nbsp;pas\ntoujours \u00e9quitables : importation\/exportation<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;L\u2019id\u00e9e du troc fit son chemin car, financi\u00e8rement,\nc\u2019\u00e9tait une solution qui satisfaisait les deux parties. Les artisans indiens \u00e9taient\nd\u00e9tenteurs d\u2019une tradition textile sans \u00e9quivalent, donc sans concurrence. Ils\nexcellaient dans la fabrication de cotonnades lustr\u00e9es aux motifs floraux, aux\ncouleurs vives et solides, peints \u00e0 la main ou obtenus \u00e0 l\u2019aide d\u2019un bloc de\nbois sculpt\u00e9. Les portugais transform\u00e8rent ces magnifiques toiles en monnaie\nd\u2019\u00e9change. Ainsi, s\u2019organisa un commerce triangulaire entre les Indes, la\nMalaisie et le Portugal. Les portugais \u00e9changeaient avec les malaisiens des\nm\u00e9trages de toiles peintes, des \u00ab&nbsp;chitas pintados&nbsp;\u00bb achet\u00e9es ou\n\u00e9chang\u00e9es aux indiens contre des \u00e9pices qu&rsquo;ils importaient au Portugal.&nbsp;&nbsp; <\/p>\n\n\n\n<p>On peut s\u2019\u00e9tonner\nde la d\u00e9cision des armateurs de ne pas rapporter ces belles toiles au Portugal.\nIl est vrai que, n\u2019\u00e9tant pas connues en Occident, leurs d\u00e9bouch\u00e9s \u00e9taient plus\nincertains que celui des \u00e9pices. On retrouve dans les archives la trace de\nquelques rares v\u00eatements style kimono fabriqu\u00e9s pour le march\u00e9 portugais en\nIndes ou en Malaisie, mais le produit arrivait en Europe d\u00e9j\u00e0 transform\u00e9 sous\nforme de v\u00eatements. <\/p>\n\n\n\n<p>Les portugais\nont laiss\u00e9 passer leur chance d\u2019associer \u00e0 jamais leur nom \u00e0 celui du Chintz. Pourtant,\nla population ne s\u2019est jamais vraiment d\u00e9tach\u00e9e de ce type d\u2019\u00e9toffe et une\nproduction artisanale locale de toiles imprim\u00e9es au bloc de bois d\u00e9marre au\nPortugal au XIXe si\u00e8cle. Avec les progr\u00e8s techniques d\u00e9coulant de la r\u00e9volution\nindustrielle, les possibilit\u00e9s \u00e9taient multiples. Mais les anglais qui avaient\nle quasi monopole des ventes d\u2019indiennes sur le continent europ\u00e9en, voyant le march\u00e9\nportugais leur \u00e9chapper, r\u00e9agirent en envoyant des indienneurs et leur mat\u00e9riel\nsur place. C&rsquo;est ainsi que la famille Graham s&rsquo;installa \u00e0 Lisbonne en 1876.\nL\u2019influence britannique pris le dessus et les motifs traditionnels du\nLancashire d\u00e9barqu\u00e8rent avec les nouveaux arrivants, rempla\u00e7ant les couleurs et\nles motifs portugais. La fabrication de ces cotonnades imprim\u00e9es se poursuivit\njusqu&rsquo;en 1974 date de la r\u00e9volution des \u0153illets, p\u00e9riode qui vit la fermeture\nde nombreuses usines. Cette production est aujourd&rsquo;hui connue sous le nom de\nchintz d&rsquo;Alcoba\u00e7a, nom du c\u00e9l\u00e8bre monast\u00e8re portugais situ\u00e9 \u00e0 proximit\u00e9 d\u2019\nAlcoba\u00e7a, \u00e0 une centaine de km de la capitale o\u00f9 l\u2019on tissait les cotonnades,\nsupport textile qui servait jadis \u00e0 l\u2019impression des toiles peintes.\nAujourd\u2019hui, le chintz renait de ses cendres et le flambeau de la production\ntraditionnelle est relev\u00e9 par des entreprises artisanales familiales install\u00e9es\npr\u00e8s de Lisbonne. <\/p>\n\n\n\n<p><strong>Les britanniques flairent le filon et\ndoublent les portugais<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Avec la\ncr\u00e9ation de la Compagnie Britannique des Indes Orientales le 31 d\u00e9cembre1600,\nles anglais vont doubler les portugais sur leur propre terrain en mettant des\nmoyens en hommes et en mat\u00e9riel bien sup\u00e9rieurs \u00e0 ceux des lusitaniens. Les\nproduits import\u00e9s vers l\u2019Europe seront plus diversifi\u00e9s. Outre les \u00e9pices, ils\nmisent sur les toiles peintes indiennes. <\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019exp\u00e9rience\nest une r\u00e9ussite au point que les anglais deviennent au XVIIe si\u00e8cle le\nprincipal fournisseur d\u2019indiennes&nbsp;du Portugal&nbsp;; un comble pour ceux\nqui auraient pu avoir la main mise sur ce commerce fructueux&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>La place \u00e9tant\nlibre et la demande importante, les anglais s\u2019y engouffr\u00e8rent avec talent. Des\nagents des grandes entreprises de Liverpool ou Manchester prirent le temps de\ncomprendre ce que recherchait les diff\u00e9rentes populations europ\u00e9ennes. Sur\nplace, aux Indes, leurs repr\u00e9sentants faisaient circuler dans les ateliers\nd\u2019indiennage, des illustrations, des dessins et croquis correspondant aux\ndiverses demandes. Les Hollandais et les Fran\u00e7ais firent de m\u00eame,\noccidentalisant les sources d\u2019inspiration, en fonction des pays.<\/p>\n\n\n\n<p>Ils\npropos\u00e8rent ainsi, pour leur exportations vers le Portugal, des dessins et des\ncouleurs sp\u00e9cifiques : fleurs, fruits et oiseaux se combinaient verticalement\naux rayures. Les fonds \u00e9taient plut\u00f4t sombres mais on retrouve toujours pour\nles motifs cinq couleurs&nbsp;: jaune, vert, bleu, rose, grenat. Les indiennes\nremport\u00e8rent un vif succ\u00e8s aupr\u00e8s des populations europ\u00e9ennes. &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Les anglais,\nen commer\u00e7ants avertis, s\u2019inspir\u00e8rent ici de la politique commerciale que les\nchinois avaient mis en place avec le commerce de la porcelaine pour conqu\u00e9rir\nles march\u00e9s europ\u00e9ens.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Les hollandais arrivent \u00e0 temps pour\nprendre une belle part du g\u00e2teau que repr\u00e9sente les \u00e9pices et les toiles\npeintes<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Les bataves fondent en 1602, \u00e0 l\u2019image des portugais et des britanniques, la &nbsp;compagnie n\u00e9erlandaise des Indes orientales, plus&nbsp; connue sous les trois lettes V.O.C &nbsp;avec l\u2019id\u00e9e de concurrencer leurs pr\u00e9d\u00e9cesseurs sur le march\u00e9 des \u00e9pices. Au XVIIe si\u00e8cle, la valeur d\u2019un gramme de&nbsp;clou de girofle \u00e9tait sup\u00e9rieur \u00e0 celle de l\u2019or. Ils ne tarderont pas \u00e0 se rendre compte que le commerce des toiles peintes \u00e9tait tout aussi rentable, mais avec un peu de retard sur les britanniques. <\/p>\n\n\n\n<p>Les fran\u00e7ais arrivent un peu apr\u00e8s\nla bataille des indiennes mais ils tirent leur \u00e9pingle du jeu <\/p>\n\n\n\n<p>Colbert tarde \u00e0 r\u00e9agir mais sa politique parfois d\u00e9cri\u00e9e semble avoir \u00e9t\u00e9\ncouronn\u00e9e de succ\u00e8s du moins jusqu\u2019\u00e0 un certain point gr\u00e2ce aux comptoirs\ncommerciaux situ\u00e9s sur les c\u00f4tes indiennes de Coromandel et de Malabar.<\/p>\n\n\n\n<p>Le point de\nnon retour de la politique de Colbert est atteint lorsqu\u2019il s\u2019aper\u00e7oit qu\u2019il a\nsurestim\u00e9 le pouvoir financier de l\u2019\u00e9tat et qu\u2019il doit faire appel \u00e0 des\narmateurs priv\u00e9s afin d\u2019assurer la survie de la compagnie fran\u00e7aise des Indes\norientales. Cependant, il a jou\u00e9 une bonne carte, les cinq comptoirs resteront\nfran\u00e7ais encore quelques si\u00e8cles. Dans les ann\u00e9es 1950\/60, les \u00e9coliers\nfran\u00e7ais apprenaient encore par c\u0153ur la liste&nbsp;de ces villes :\nChandernagor, Pondychery, Mah\u00e9, Yanaon, Karikal, et leurs parents&nbsp; se rappelleront&nbsp; ces nom en \u00e9coutant Juliette Gr\u00e9co chanter\n\u00ab&nbsp;Chandernagor&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019objectif de Colbert \u00e9tait de prendre une partie du commerce des \u00e9pices\net des indiennes qui, jusqu\u2019en 1664, \u00e9tait aux mains des hollandais et des\nanglais, les portugais \u00e9tant hors jeu depuis un certain temps. Le but est \u00e0 la\nfois politique et \u00e9conomique&nbsp;:&nbsp; <\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; ravir aux deux grandes puissances l\u2019exclusivit\u00e9 du commerce des \u00e9pices\net des indiennes et approvisionner le march\u00e9 fran\u00e7ais avec des marchandises\nvendues par des commer\u00e7ants fran\u00e7ais.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; contrebalancer l\u2019importance de la puissance \u00e9conomique des britannique\nsur les march\u00e9s europ\u00e9ens. <\/p>\n\n\n\n<p>La solution pr\u00e9conis\u00e9e par Colbert, pour \u00e9viter l\u2019\u00e9vasion des devises,\nest simple&nbsp;: il faut consommer fran\u00e7ais. Or, ce que propose les tisserands\nfran\u00e7ais est loin de contenter une client\u00e8le qui r\u00e9clame des nouveaut\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Deux solutions sont envisageables&nbsp;: <\/p>\n\n\n\n<p>Soit, copier les indiennes et les fabriquer en France, ce qui n\u2019est pas possible\npour des raisons simples&nbsp;: le coton ne pousse pas en m\u00e9tropole et les\ntechniques d\u2019impressions des artisans fran\u00e7ais ne sont pas encore en mesure de\nrivaliser avec les r\u00e9sultats obtenus par les artisans indiens. <\/p>\n\n\n\n<p>Soit, acheter ces biens \u00e0 des marchands fran\u00e7ais qui s\u2019approvisionnent\naux Indes. La cr\u00e9ation des comptoirs fran\u00e7ais en Indes est alors la bonne\nsolution. Pondich\u00e9ry, ville portuaire sur la c\u00f4te de Coromandel, devient la\ncapitale \u00e9conomique des indes fran\u00e7aises. Ce site est parfait pour\nl\u2019importation des indiennes puisque, dans les environs, les champs de coton\nsont nombreux et des ateliers de tissage et d\u2019impressions sont install\u00e9s \u00e0\nproximit\u00e9 de la ville.<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:26px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h4><strong>En Europe, une client\u00e8le fortun\u00e9e est avide de produits de luxe<\/strong><\/h4>\n\n\n\n<p>Au XVIIe\nsi\u00e8cle, aristocrates et bourgeois succombent aux appels des produits nouveaux<strong>, <\/strong>rares et on\u00e9reux<strong>. <\/strong>Outre la soie, la porcelaine, les \u00e9pices, ce sont les cotonnades\npeintes aux motifs exotiques et aux couleurs vives qui sont les produits en\nvogue. Les sir\u00e8nes de la nouveaut\u00e9 sont plus fortes que l\u2019int\u00e9r\u00eat \u00e9conomique du\npays. Ces marchandises offraient des perspectives de changement dans la\nd\u00e9coration et l\u2019habillement pour une partie de la population. <\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019offre des tisserands et des soyeux fran\u00e7ais ne correspond plus tout-\u00e0-fait\n\u00e0 la demande de la client\u00e8le. Le contraste est sid\u00e9rant entre la production\ntextile asiatique et occidentale. <\/p>\n\n\n\n<p>Les broch\u00e9s, les brocards, les velours fa\u00e7onn\u00e9s, riches et lourdes\n\u00e9toffes, ou mousselines de coton, soies l\u00e9g\u00e8res mais mati\u00e8res fragiles,\ncouteuses et d\u2019un entretien des plus discutables, \u00e9taient les seules propositions\npour les classes ais\u00e9es. Pour la majorit\u00e9 de la population, la laine, le lin et\nle chanvre \u00e9taient les fibres de r\u00e9f\u00e9rences.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Plusieurs noms pour un m\u00eame produit<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Les&nbsp;\u00bb\ncalicoes \u00ab imprim\u00e9s \u00e9taient d\u00e9sign\u00e9s par \u00ab&nbsp;chittes&nbsp;\u00bb, terme g\u00e9n\u00e9rique,\nmais les \u00e9toffes imprim\u00e9es venant du Moyen-Orient \u00e9taient perses et les cotons\nimprim\u00e9s venant des Indes \u00e9taient des \u00ab&nbsp;d\u2019Indiennes&nbsp;\u00bb . <\/p>\n\n\n\n<p>Import\u00e9es par\nla Compagnie fran\u00e7aise des Indes Orientale, ces articles \u00e9taient d\u00e9sign\u00e9s sur\nles registres d&rsquo;indiennes fleuries. <\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:20px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h4><strong>Le chintz qu\u2019est ce que c\u2019est&nbsp;?<\/strong><\/h4>\n\n\n\n<p>Au del\u00e0 de\nl\u2019image d\u2019Epinal que v\u00e9hicule le mot, prenons le temps de d\u00e9couvrir ce qu\u2019est\nvraiment un chintz. En anglais, c\u2019est l\u2019\u00e9quivalent des indiennes en\nfran\u00e7ais&nbsp;; c\u2019est pourquoi l\u2019histoire du chintz se confond avec l&rsquo;histoire\ndes indiennes. Le terme est souvent employ\u00e9 \u00e0 mauvais escient car, de nos\njours, chintz ne d\u00e9signe plus seulement un tissu mais une technique de finition.\nC\u2019est devenu un terme g\u00e9n\u00e9rique englobant toutes les cotonnades imprim\u00e9es dont\nla surface est glac\u00e9e. Les motifs traditionnels tir\u00e9s du r\u00e9pertoire floral\nexotique ne sont plus une condition sine qua non pour qu\u2019une \u00e9toffe soit\nbaptis\u00e9e chintz.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>La technique d\u2019impression europ\u00e9enne sur\ntissus n\u2019\u00e9gale pas encore le niveau atteint par les indiens <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Au XVIIe\nsi\u00e8cle en Europe, on ne maitrise pas encore la technique de l\u2019impression sur\n\u00e9toffe. Les motifs color\u00e9s r\u00e9sistent mal au lavage. La technique consiste\nencore \u00e0 d\u00e9poser des mati\u00e8res colorantes \u00e0 la surface des \u00e9toffes. La technique\nde l&rsquo;impression au bloc ou au pinceau ne permet pas aux pigments color\u00e9s de\np\u00e9n\u00e9trer \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de la fibre. Par contre aux indes, les artisans\nutilisaient d\u00e9j\u00e0 depuis longtemps un proc\u00e9d\u00e9 qui m\u00ealait les produits de\nteinture \u00e0 un mordant permettant ainsi de fixer solidement la couleur sur le\nsupport textile. Contrairement aux \u00e9toffes propos\u00e9es par les manufactures\neurop\u00e9ennes au XVIIe si\u00e8cle, les indiennes \u00e9taient des cotonnades l\u00e9g\u00e8res,\nsolides, avec une grande vari\u00e9t\u00e9 de couleurs et qui r\u00e9sistaient aux lavages.<\/p>\n\n\n\n<p>Pendant un si\u00e8cle\nau moins, le commerce des importations de calicots imprim\u00e9s ou peints fut\nflorissant. Des cotonnades bon march\u00e9, avec des imprim\u00e9s aux couleurs vives et\nsolides, dites de qualit\u00e9 courante, sont introduites sur le march\u00e9 europ\u00e9en en\nprovenance des Indes.<\/p>\n\n\n\n<p>La demande ne\nbaisse pas et les importations s\u2019amplifient&nbsp;; &nbsp;il est de bon ton dans les int\u00e9rieurs\nbourgeois en Europe d&rsquo;utiliser des flots de cotons imprim\u00e9s de plus en plus\ndestin\u00e9es \u00e0 l\u2019habillement. Les robes d\u2019int\u00e9rieur en indienne sont du plus bel\neffet et le bourgeois gentilhomme de Moli\u00e8re est lui aussi de cet avis lorsqu\u2019il\nd\u00e9clare&nbsp;:&nbsp;\u00ab&nbsp;mon tailleur m\u2019a dit que les gens de qualit\u00e9\nportaient le matin une robe de chambre en indienne&nbsp;\u00bb. Les manufactures ne\nsont pas encore en \u00e9tat de proposer les beaux imprim\u00e9s qui remplaceront les broderies.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter is-resized\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/www.etoffe.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/tissu-little-chintz-morris-and-co-1024x1024.jpg\" alt=\"Tissu Little Chintz\" class=\"wp-image-2913\" width=\"440\" height=\"440\" srcset=\"https:\/\/www.etoffe.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/tissu-little-chintz-morris-and-co-1024x1024.jpg 1024w, https:\/\/www.etoffe.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/tissu-little-chintz-morris-and-co-150x150.jpg 150w, https:\/\/www.etoffe.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/tissu-little-chintz-morris-and-co-300x300.jpg 300w, https:\/\/www.etoffe.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/tissu-little-chintz-morris-and-co-768x768.jpg 768w, https:\/\/www.etoffe.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/tissu-little-chintz-morris-and-co-624x624.jpg 624w, https:\/\/www.etoffe.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/tissu-little-chintz-morris-and-co.jpg 1200w\" sizes=\"(max-width: 440px) 100vw, 440px\" \/><figcaption>Tissu Little Chintz&nbsp;\u2013 Morris and Co<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<div style=\"height:20px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h4><strong>Les secrets d\u2019une r\u00e9ussite<\/strong><\/h4>\n\n\n\n<p>Le chintz tel\nque nous le connaissons et l&rsquo;aimons appara\u00eet sur le march\u00e9 europ\u00e9en vers 1825\navec l\u2019arriv\u00e9e de l&rsquo;impression aux rouleaux qui permet d\u2019accro\u00eetre la production.\nMais avant de devenir un produit industriel, le chintz \u00e9tait un produit\nartisanal issu d\u2019une technique tr\u00e8s \u00e9labor\u00e9e mise en \u0153uvre par les indiens.<\/p>\n\n\n\n<p>Que serait une\ntoile de coton imprim\u00e9e sans cet aspect glac\u00e9 qui la caract\u00e9rise ? Une simple\ncotonnade imprim\u00e9e. Le suppl\u00e9ment d\u2019\u00e2me de cette \u00e9toffe est obtenu par un\ngla\u00e7age qui s&rsquo;op\u00e8re g\u00e9n\u00e9ralement sur un support de coton, calicot ou percale,\nuni ou imprim\u00e9. Pour m\u00e9moire, le calicot est une cotonnade grossi\u00e8re, au compte\nfils tr\u00e8s faible, souvent utilis\u00e9 pour la confection de banderoles. La percale\nest une cotonnade de qualit\u00e9 sup\u00e9rieure au tissage serr\u00e9e, aux fils fins et\nsur-tordus. <\/p>\n\n\n\n<p>Les deux\nop\u00e9rations qui vont transformer une simple cotonnade imprim\u00e9e en un chintz sont\nles suivantes&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Le mordan\u00e7age<\/em><\/strong><em>.&nbsp; <\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Pr\u00e9alablement \u00e0 l\u2019impression, le tissu vierge est\nplong\u00e9 dans un bain contenant un sel m\u00e9tallique. Cette op\u00e9ration permet \u00e0 la\nfibre de mieux absorber la mati\u00e8re colorante. Les sels m\u00e9talliques poss\u00e8dent\nune double affinit\u00e9 \u00e0 la fois avec la fibre de coton et avec les mati\u00e8res\ncolorantes.&nbsp; &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Le gla\u00e7age.<\/em><\/strong><em> <\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Une \u00e9tape indispensable pour obtenir un\nv\u00e9ritable chintz. Les indiennes v\u00e9ritables se&nbsp;\ncaract\u00e9risaient par une surface lustr\u00e9e obtenue par le d\u00e9p\u00f4t d\u2019une\nmixture \u00e0 base d\u2019eau de riz. Une fois sec, le tissu est raidi, mais ce n\u2019est\nalors qu\u2019une cotonnade, imprim\u00e9e certes, solide \u00e9videmment, mais pas encore un\nchintz. Une ultime op\u00e9ration de finition est n\u00e9cessaire pour parfaire le\ntravail : la surface tissu est frott\u00e9e \u00e0 l\u2019aide d\u2019une pierre lisse afin\nd\u2019obtenir cet effet lustr\u00e9 si caract\u00e9ristique.<\/p>\n\n\n\n<p>Le but recherch\u00e9 par les artisans indiens\nn\u2019\u00e9tait pas d\u2019imiter l\u2019\u00e9clat de la soie&nbsp;; le gla\u00e7age tant appr\u00e9ci\u00e9 par les\noccidentaux doit \u00eatre per\u00e7u comme une fonction pratique.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <\/p>\n\n\n\n<p>En effet, plus la surface est lisse,\nmoins les salissures ont la possibilit\u00e9 de s\u2019y d\u00e9poser. C\u2019est probablement un\ndes \u00e9l\u00e9ments qui attira la client\u00e8le europ\u00e9enne qui trouve enfin des \u00e9toffes\nsolides et color\u00e9es qui supportent les lavages. Tout est relatif, car les\nlessives au XVIIe si\u00e8cle \u00e9taient peu fr\u00e9quentes, une ou deux fois l\u2019an, et\nmettaient en place un c\u00e9r\u00e9monial des plus complexes. Laver son linge sale en\nfamille n\u2019\u00e9tait pas qu\u2019une image, c\u2019\u00e9tait un exercice qui r\u00e9clamait des bras,\nde la force et de la patience.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce&nbsp;gla\u00e7age\nou calandrage conf\u00e8re \u00e0 l\u2019\u00e9toffe outre ce lustre, un maintien satisfaisant pour\nun usage en ameublement. <\/p>\n\n\n\n<p>En Europe, le\nprincipe du gla\u00e7age consistait \u00e0 appliquer sur une surface textile une\npellicule tr\u00e8s fine de cire qui \u00e9tait \u00e9cras\u00e9e lors du passage de l&rsquo;\u00e9toffe entre\ndeux lourds cylindres chauff\u00e9s. Cette op\u00e9ration conf\u00e9rait un aspect lustr\u00e9 \u00e0\nl\u2019\u00e9toffe et avivait les couleurs. Plus les fils sont fins, plus la brillance\nest forte, ce qui explique pourquoi un calicot calandr\u00e9 aura un lustre moins\nvisible qu\u2019une percale ayant subi le m\u00eame traitement. Le gla\u00e7age traditionnel \u00e0\nla cire n\u2019offre pas grande solidit\u00e9 aux lavages successifs et, autre d\u00e9convenue,\nle passage entre les gros rouleaux chauff\u00e9s fragilise les fibres.<\/p>\n\n\n\n<p>Jadis, on\najoutait de l\u2019amidon lors du repassage pour redonner un certain lustre \u00e0 un tissu,\nmais le r\u00e9sultat \u00e9tait temporaire&nbsp;: il ne subsistait qu\u2019entre deux\nlessives et encore. De plus, le tissu perdait en souplesse et, si la dose \u00e9tait\ntrop forte, il devait cartonneux. Aujourd\u2019hui, la cire et l\u2019amidon sont\nremplac\u00e9s par des r\u00e9sines \u00e9videmment chimiques, et les purs cotons, dans le\nmeilleur des cas, par des poly\/coton. Cependant, techniquement, ces changements\npermettent d\u2019accro\u00eetre les performances de l\u2019\u00e9toffe. Ces textiles supportent un\nappr\u00eat permanent (everglaz), ce qu\u2019une pure cotonnade ne pourrait supporter.\nParfois, un traitement antitaches y est adjoint.<\/p>\n\n\n\n<p>Les chintz\nfabriqu\u00e9s aujourd\u2019hui ont une dur\u00e9e de vie prolong\u00e9e, le lustre est permanent,\nles couleurs sont inalt\u00e9rables et le tissu r\u00e9siste aux taches. Ceci est\nimportant lorsqu\u2019ils sont tendus pour couvrir des si\u00e8ges par exemple.<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:20px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h4><strong>La fronde des tisserands europ\u00e9ens<\/strong><\/h4>\n\n\n\n<p>Le succ\u00e8s\ncommercial de ces \u00e9toffes faisait concurrence aux produits europ\u00e9ens et faisait\ndangereusement pencher la balance du commerce ext\u00e9rieur en faveur des pays importateurs.\nLes productions de tissus fran\u00e7ais se vendaient mal, ce qui provoqua la fronde\ndes tisserands europ\u00e9ens. Ils s\u2019unirent afin d\u2019interdire les importations des\nindiennes. <\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;En France, les soyeux lyonnais et les drapiers\nnormands s\u2019insurg\u00e8rent contre cette concurrence et incit\u00e8rent les gouvernements\nsuccessifs \u00e0 interdire l\u2019importation de ces articles. Colbert refusa toujours\nde c\u00e9der \u00e0 ces injonctions. Ce point est crucial, car il obligea les tisserands\n\u00e0 am\u00e9liorer les techniques de tissage et d\u2019impression. Mais il faudra encore\nbeaucoup d\u2019ann\u00e9es et d\u2019essais infructueux avant de parvenir \u00e0 reconqu\u00e9rir une\nclient\u00e8le qui s\u2019entichait de produits exotiques.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Louvois et la prohibition<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Successeur de\nColbert, Louvois n\u2019h\u00e9site pas \u00e0 prendre des mesures drastiques, instituant la\nprohibition des \u00e9toffes exotiques en 1686. Par d\u00e9cret, l\u2019usage, la fabrication,\nle commerce des toiles peintes est interdit dans le royaume.&nbsp;Une mesure qui\nfut \u00e9galement prise dans diff\u00e9rents pays europ\u00e9ens, ais\u00e9e \u00e0 prendre mais\ndifficile \u00e0 faire appliquer. La contrebande \u00e9tait courante, un march\u00e9 parall\u00e8le\ns\u2019\u00e9tablit rapidement, et des villes portuaires comme Marseille ou Lorient en\nprofit\u00e8rent pour se d\u00e9velopper. Les indiennes arrivant par la mer, ces villes\nservaient d\u2019entrep\u00f4ts en attendant d\u2019\u00eatre vendues \u00e0 travers le pays.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Les cons\u00e9quences \u00e9conomiques et\npolitiques de la prohibition des indiennes <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La prohibition\neut pour cons\u00e9quence l\u2019exil de nombreux artisans, souvent protestants, vers des\nports francs comme Mulhouse, ou vers des pays frontaliers de la France tr\u00e8s\naccueillants tels la Suisse ou l\u2019Allemagne. Mulhouse, ville enclav\u00e9e dans le\nterritoire fran\u00e7ais, se d\u00e9veloppa en installant sur son territoire des centres\nd\u2019indiennage, produisant localement des toiles peintes, introduites en fraude\nsur le territoire fran\u00e7ais. La prohibition ne s\u2019appliquant qu\u2019en France, ces\nartisans ne furent pas inqui\u00e9t\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Les march\u00e9s\nparall\u00e8les perdur\u00e8rent jusqu&rsquo;a l&rsquo;abolition de la prohibition, proclam\u00e9e officiellement\nen 1759 par un d\u00e9cret de Louis XV. <\/p>\n\n\n\n<p>Au XVIII e\nsi\u00e8cle, on commen\u00e7a \u00e0 imprimer m\u00e9caniquement en Angleterre comme \u00e0 Jouy, des\nmotifs \u00e0 r\u00e9p\u00e9tition avec des planches de bois ; la surface de ces tissus est\nrendue brillante par diverses m\u00e9thodes. La plus courante consistait \u00e0 plonger\nles cotonnades dans une cuve remplie d\u2019eau amidonn\u00e9e, puis de les passer encore\nhumides entre des cylindres.&nbsp; <\/p>\n\n\n\n<p>En Angleterre,\nles proc\u00e9d\u00e9s de cylindrage et de calandrage furent perfectionn\u00e9s, s&rsquo;appliquant\nlargement \u00e0 ces \u00e9toffes. Le chintz connu alors un succ\u00e8s commercial en Grande\nBretagne, succ\u00e8s qui ne s&rsquo;est absolument pas d\u00e9menti : en d\u00e9coration par\nexemple, si on d\u00e9sire obtenir une atmosph\u00e8re f\u00e9minine et confortable, habiller\nses fen\u00eatres de rideaux en chintz fleuri, donner un style anglais \u00e0 un\nint\u00e9rieur, quoi de mieux qu&rsquo;un canap\u00e9 recouvert d&rsquo;un chintz fleuri ? Les\nv\u00eatements ne sont pas en reste si l\u2019on pense aux robes romantiques en chintz\naux couleurs douces, toujours un brin british qui, au cours des si\u00e8cles et des\ncycles de la mode, a connu des hauts et des bas.<\/p>\n\n\n\n<p>Les influences\nhistoriques et culturelles eurent toujours des r\u00e9percussions sur la mode. Ainsi,\nl&rsquo;engouement au XIX e si\u00e8cle pour l&rsquo;antiquit\u00e9&nbsp;; la d\u00e9couverte de Pompe\u00ef,\nles fouilles en Gr\u00e8ce et en Turquie, le go\u00fbt pour l\u2019Italie des artistes\npeintres ou po\u00e8tes, furent ind\u00e9niablement \u00e0 l\u2019origine d\u2019une architecture n\u00e9o\nclassique, de l\u2019av\u00e8nement des robes l\u00e9g\u00e8res, quasi transparentes. Ainsi, les\nsources d&rsquo;inspirations se tourn\u00e8rent vers l\u2019Occident plus proche et encore\nmyst\u00e9rieux aux yeux des europ\u00e9ens.<\/p>\n\n\n\n<p>On constate encore une fois que la mode fait souvent progresser l&rsquo;industrie qui, autrement, se contenterait de r\u00e9\u00e9ditions. <\/p>\n\n\n\n<p><strong>L&rsquo;industrialisation&nbsp;met&nbsp;fin&nbsp;aux&nbsp;monopoles<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Au XIXe si\u00e8cle,\nla guerre des tarifs s&rsquo;intensifia et les prix chut\u00e8rent, en partie parce que\nl&rsquo;invention du rouleau de cuivre permit une production plus rapide, et parce\nque la d\u00e9couverte des couleurs chimiques autorisait une simplification du\ntravail et donc un co\u00fbt plus faible de main d&rsquo;\u0153uvre : les couleurs \u00e9taient\nalors plus sombres et encore plus solides : on obtenait des bleus de Prusse, du\njaune de chrome ou du vert bronze. <\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;histoire des\nimprim\u00e9s de coton en Angleterre peut rivaliser, en p\u00e9rip\u00e9ties, rebondissements\net succ\u00e8s commerciaux, avec l&rsquo;histoire de ces \u00e9toffes en France. De nombreux\ntissus de coton furent imprim\u00e9s en Angleterre depuis les premiers\n\u00ab\u00a0calicoes\u00a0\u00bb en 1592 d\u2019une qualit\u00e9 bien inf\u00e9rieure \u00e0 celles des\nv\u00e9ritables indiennes. <\/p>\n\n\n\n<p>La demande se\nfaisant plus forte, les ateliers d\u2019indiennages se multipli\u00e8rent en Europe, tant\net si bien que l\u2019offre se diversifia, proposant un choix d\u2019articles de\ndiff\u00e9rents niveaux de qualit\u00e9 et de prix, offrant aux classes populaires l\u2019opportunit\u00e9\nd\u2019acqu\u00e9rir ces tissus. Les motifs s\u2019affirm\u00e8rent de plus en plus selon les pays.\nEn France par exemple, &nbsp;les imprim\u00e9s\npassent de la flore aux sc\u00e8nes de la vie quotidienne ou aux pastorales. Le\nmeilleur exemple est sans doute celui des toiles de Jouy.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>En Grande\nBretagne, les motifs floraux perdurent, mais ce sont les fleurs des jardins\nanglais qui se d\u00e9versent par brass\u00e9es sur les chintz destin\u00e9s \u00e0 habiller les\nmurs et \u00e0 recouvrir les canap\u00e9s. Les tissus fleuris et glac\u00e9s deviennent alors\nsynonyme de chintz, celui-ci se confondant rapidement avec le style victorien. Les\npremiers chintz fabriqu\u00e9s en<\/p>\n\n\n\n<p>Europe au\nXVIIIe si\u00e8cle, \u00e9pais et rigides, rendaient leur utilisation malais\u00e9e, surtout\npour l\u2019habillement. L&rsquo;appr\u00eat final rendait la surface brillante tout en\nraidissant l&rsquo;\u00e9toffe. C\u2019est pour cette raison technique que le chintz eut une\npremi\u00e8re vie dans la d\u00e9coration d\u2019int\u00e9rieur avant d\u2019acqu\u00e9rir finesse et\nsouplesse et de trouver sa place sur les pages glac\u00e9es des magazines et dans\nnos dressings. <\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote\"><p>&nbsp;\u00ab\u00a0Le chintz est comme un cocon, une niche, il est enveloppant, il rappelle la maison. Sa r\u00e9apparition en mode est le signe d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9 qui a besoin d&rsquo;un retour \u00e0 l&rsquo;intime, au pass\u00e9. Une mani\u00e8re de se rassurer dans un pr\u00e9sent qui fait peur.&nbsp;\u00bb<\/p><cite>in l\u2019imaginaire du luxe chez Imago.<\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p><strong><em>Habillement :<\/em><\/strong> pour les robes d&rsquo;\u00e9t\u00e9, jupes, vestes, les chintz en coton sont les plus adapt\u00e9s. Les mod\u00e8les doivent cependant respecter quelques r\u00e8gles afin de profiter au mieux de ce joli tissu&nbsp;: des coupes amples, il faut \u00e9viter les manches serr\u00e9es, les vestes cintr\u00e9es ou les pantalons cigarettes. Ayez en m\u00e9moire que l\u2019op\u00e9ration de gla\u00e7age peut fragiliser les fibres. Ce tissu a une connotation essentiellement f\u00e9minine en ce qui concerne l\u2019habillement. &nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.etoffe.com\/recherche?controller=search&amp;orderby=position&amp;orderway=desc&amp;search_query=chintz&amp;search_filters=%5B%22classification%3D6%3DTissu+ameublement%22%5D\"><strong><em>Ameublement<\/em><\/strong><\/a><strong><em>&nbsp;:<\/em><\/strong> le chintz est largement utilis\u00e9 pour des rideaux ou pour recouvrir canap\u00e9s et fauteuils. A chaque qualit\u00e9 sa destination. Il est pr\u00e9f\u00e9rable de choisir un chintz 100% coton pour une application floue ou souple sur des coussins moelleux par exemple. Par contre, un chintz poly\/coton sera plus adapt\u00e9 \u00e0 une pose tendue, comme pour des assises de chaises, d\u2019un usage quotidien, toujours pour les raisons de solidit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Maintenant, vous savez que vous avez fait le bon choix en optant pour un tel tr\u00e9sor.&nbsp; Vous avez toutes les cartes en main pour exploiter au mieux le potentiel de cette \u00e9toffe aux multiples facettes.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le chintz, c\u2019est d\u2019abord un mythe et aussi toute une histoire dont les r\u00e9percussions se firent sentir sur la politique \u00e9conomique des pays europ\u00e9ens du XVIe au XIXe si\u00e8cle, avant d\u2019\u00eatre ce tissu innocent, un brin nostalgique, qui tapisse les fauteuils, d\u00e9core les fen\u00eatres, habille les petites filles mod\u00e8les.<\/p>\n","protected":false},"author":15,"featured_media":3227,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[6],"tags":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v20.3 - 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